Le président de la République peut-il rire des milliers de morts au large de Mayotte ?

dimanche 4 juin

Le président de la République peut-il rire des milliers de morts au large de Mayotte ?

En 1995 le gouvernement Balladur a entravé la libre circulation des personnes dans l’archipel des Comores en imposant un visa d’entrée à Mayotte aux résidents des trois autres îles comoriennes (Mohéli, Anjouan, Grande-Comore).

Depuis des siècles, les Comoriens allaient d’une île à l’autre à bord de pirogues dénommées « kwassa-kwassa ». Le « Visa Balladur » a brisé cette libre circulation et rendu périlleux les déplacements entre Mayotte et les autres îles des Comores. Il a engendré un drame monstrueux, se soldant par des milliers de morts (plus de 10 000 selon plusieurs rapports). La mer d’Anjouan est ainsi devenue un des plus grands cimetières marins du monde.

En visitant le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique d’Etel, dans le Morbihan, Monsieur Macron a cru faire de l’humour en indiquant au cours d’une discussion que « le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien ».

Le nouveau Président de la République devrait apprendre à se contrôler pour ne pas rire de tout, surtout lorsqu’il s’agit de l’innommable. D’autant que l’Etat français porte une très lourde responsabilité dans ce crime affreux qui se perpétue. A tel point qu’en 2016, François Hollande avait ainsi évoqué une situation "extrêmement préoccupante", pour laquelle il fallait "prendre des dispositions". Rien n’a été fait. Le « Visa Balladur » est toujours en place, et de nombreux Comoriens, hommes, femmes et enfants, qui tentent de venir à Mayotte meurent noyés en mer d’Anjouan.

Mayotte devenue un département français en 2009, en violation du droit international et de toutes les résolutions des Nations Unies, vit une situation sociale, économique et de tensions qui ne cesse de se dégrader.

Les propos scandaleux de Monsieur Macron sont très mal perçus dans l’ensemble de l’archipel. Au delà des excuses officielles qui sont évidemment attendues, la réponse passe par un changement de la politique de la France et de l’Union Européenne vis-à-vis de Mayotte. Le statut quo n’est plus possible. L’île ne doit plus être érigée en citadelle coupée de l’archipel au risque de prolonger l’hécatombe et d’aggraver la situation de ses habitants. Les Comores doivent bénéficier d’un véritable plan d’aide afin de mettre fin à l’asymétrie qui a été organisée depuis des décennies entre Mayotte et les autres îles.



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