L’Europe du XXIe siècle a besoin de paix, de démocratie et de solidarité

Ensemble pour un changement en Europe !
samedi 10 janvier 2009
par  Communication Pcf 26

III. Une Europe de paix et de coopération

Aucune guerre ne doit plus jamais prendre naissance sur le sol européen. Nous considérons que la guerre et la militarisation ne sont pas des instruments politiques et nous voulons une stratégie qui garantisse la sécurité pour tous.

Le désarmement et la reconversion des industries militaires sont des tâches essentielles. Nous menons campagne contre la clause de réarmement du traité de Lisbonne, non seulement à cause des armes de mort et de destruction de la nature, mais aussi parce qu’elle détourne des fonds hors du développement économique, social et écologique.

L’Agence européenne de défense doit être remplacée par une Agence de désarmement chargée de faire cesser la course aux armements, la prolifération et la possession d’armes de destruction massive, la militarisation de l’espace et des océans, à partir d’accords de désarmement.

Les conflits qui émergent en Europe - notamment après le refus par les gouvernements de repenser la coopération de tous les États européens sur une base juste et égalitaire depuis 1990 - soulignent la nécessité de créer un nouveau système de sécurité collective en Europe.

À partir d’une crise régionale devenue une situation de guerre ouverte, le conflit du Caucase d’août 2008 est devenu une crise internationale qui a impliqué les États-Unis et qui a appelé la population européenne et l’Union européenne à jouer leur rôle pour négocier une solution politique. Le danger que de tels conflits s’étendent à d’autres régions d’Europe demeure une question cruciale.

Parallèlement, le déploiement des forces de l’OTAN en Afghanistan et les demandes croissantes des États-Unis d’augmentation de la participation européenne montrent la faillite de la stratégie d’intervention militaire suivie par l’administration Bush.

Cela démontre la contradiction croissante entre, d’une part, les intérêts européens de sécurité et, d’autre part, la stratégie d’intervention militaire et l’expansion de l’OTAN.

La Gauche européenne réaffirme son exigence de dissolution de l’OTAN. Nous sommes opposés à la logique des blocs militaires, y compris les tentatives et politiques de création de structures militaires européennes.

Plus que jamais, la sécurité en Europe doit être fondée sur les principes de défense, de désarmement et l’incapacité structurelle de commettre des agressions, sur la solution des conflits par des moyens politiques et civils au sein du système de l’OSCE, conformes au droit international et aux principes d’un système réformé et démocratisé des Nations unies.

Un tel système européen, collectif et coopératif, doit garantir la sécurité ainsi que l’accès inconditionnel à la fourniture d’énergie, le respect de l’environnement, le respect des droits humains, etc.

Nous devons souligner le rôle négatif, non seulement militaire mais aussi politique, que l’OTAN joue en se conformant aux intérêts des États-Unis en Europe. Même après la confrontation entre les blocs Est et Ouest, l’OTAN est restée en place et s’est développée pour devenir un outil encore plus fonctionnel des administrations états-uniennes au service de leurs stratégies hégémoniques. L’élargissement de l’OTAN vers l’Est est conforme à cette logique.

Les accords bilatéraux entre les États-Unis et différents pays européens, tels que celui avec l’Italie concernant la base militaire états-unienne de Vicenza, avec la Pologne et la République tchèque pour le déploiement du bouclier antimissiles et ceux avec la Bulgarie et la Roumanie, concernant des nouvelles bases militaires, représentent non seulement une menace pour la souveraineté de l’Europe, mais créent un risque réel d’une nouvelle confrontation militaire en Europe.

Le retrait des troupes de l’OTAN et de la coalition occidentale dirigée par les États-Unis en Irak et en Afghanistan est une condition nécessaire à la dissolution de l’OTAN par un processus politique.

La communauté internationale et les États-Unis doivent aider le peuple afghan à trouver une solution politique par des moyens non militaires, sur la base du respect du droit international et des droits de l’homme.

Nous exigeons également la fermeture de toutes les bases de l’OTAN et des États-Unis en Europe. Nous sommes contre les installations de défense satellitaire des États-Unis (ou d’un quelconque pays européen) déployées en Europe ou hors d’Europe et nous soutenons totalement les citoyens tchèques, polonais, bulgares et roumains qui luttent contre de telles installations.

Nous refusons toute utilisation militaire du système européen Galileo.

Les politiques commerciales et de développement de l’Union européenne doivent être conformes aux objectifs de développement du Millenium et réalignées sur le principe d’égalité entre tous les pays. Les accords bilatéraux de partenariat européens ne sont pas la bonne voie. La politique consacrée au commerce international de l’UE doit être conçue pour donner des réponses adéquates permettant de résoudre les problèmes écologiques et sociaux de la planète.

Le combat contre la pauvreté qui continue de croître dans le monde et les déséquilibres doit être mis au centre de la coopération de développement - il faut mettre fin au mauvais usage de la coopération de développement dans le but de perpétuer des relations de type colonial, pour apporter un soutien unilatéral aux industries d’exportation en faveur des entreprises européennes ou pour servir d’instrument géopolitique.

Nous voulons l’interdiction de la transformation de produits alimentaires en carburants.

Nous exigeons l’annulation de la dette pour les pays les plus pauvres du monde et la révision des programmes d’ajustement structurel de la Banque mondiale et du FMI.

Nous soutenons un développement plus important de la coopération méditerranéenne.

Elle est la clé pour établir la paix et la sécurité au Moyen-Orient.

Mais le processus de Barcelone est en crise. Transformer le processus de Barcelone en une Union méditerranéenne plus étroite et plus institutionnalisée exige la participation active de toutes les forces politiques et sociétés civiles des pays impliqués.

Le processus démocratique et transparent pour renouer une relation entre tous les pays de la région et l’Union européenne est le seul moyen pour éviter de transformer ce projet politique ambitieux en une structure inégalitaire.

Une Méditerranée de paix durable et stable est impossible sans que soit résolu le conflit du Moyen-Orient.

La condition préalable essentielle est la reconnaissance et la concrétisation du droit du peuple palestinien à avoir un État indépendant et viable à côté de l’État d’Israël - avec des droits égaux et vivant ensemble dans un voisinage pacifique.

Le PGE fera tout son possible pour exiger cela et pour pousser l’UE et ses pays membres à agir selon cette orientation. Même plus : l’Europe doit s’émanciper du plan des USA appelé « Grand Moyen-Orient », pour s’engager elle-même activement pour mettre fin à l’occupation militaire des territoires palestiniens, pour, le démantèlement du « mur », pour la stricte exécution des résolutions de l’ONU à ce sujet.

L’UE doit entreprendre un plus grand nombre de démarches politiques pour exiger le soutien des pays arabes de la région et pour stimuler la conscience grandissante des sociétés civiles en faveur de la nécessité de promouvoir une politique active de résolution du conflit.

Le PGE refuse les politiques des USA et de l’UE à l’égard de l’Iran - notamment concernant la solution du conflit sur l’usage de l’énergie nucléaire - et exige des négociations strictement politiques ; le PGE exprime sa solidarité aux forces sociales et politiques qui luttent pour la mise en pratique et la garantie du respect des droits de l’homme en Iran.

Le PGE souligne son engagement pour un processus de sécurité et de coopération de tous les États des régions de la Méditerranée et du Moyen-Orient, y compris le droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination sur la base des résolutions existantes de l’ONU 1754 et 1783.

La Turquie doit respecter et s’engager légalement à garantir les droits politiques et humains de toutes les personnes vivant dans le pays, y compris toutes les minorités, elle doit mettre en oeuvre des réformes juridiques et sociales conformes au droit permettant d’ouvrir une voie démocratique et pacifique pour tous les citoyens kurdes, apportant ainsi une solution politique au problème kurde.

L’évolution significative de la question de Chypre et le changement d’ambiance après l’élection de Dimitris Christofias à la présidence de la République ouvrent de nouvelles perspectives prometteuses aux efforts de réunification de l’île. La tenue de négociations officielles entre les dirigeants des deux communautés, sous les auspices de l’ONU, devrait conduire à une solution fédérale bizonale et bicommunautaire impliquant l’égalité politique, en conformité avec les résolutions de l’ONU en la matière et sur la base des accords de haut niveau, du droit européen et du droit international.

Le PGE se prononce en faveur de la création de conditions politiques et économiques permettant une coexistence pacifique des peuples et des États européens : l’Europe a besoin d’un espace économique et social qui n’exclut aucun autre pays européen et qui est basé sur un système variable d’accords tant bilatéraux que multilatéraux.

La Gauche européenne se prononce en faveur de l’élargissement ultérieur de l’Union européenne et pour une structure stable à l’échelle du continent afin de surmonter les divisions politiques et économiques encore existantes en Europe.

Pour cette raison Le PGE soutient notamment la préservation de gouvernements démocratiques, la garantie et la concrétisation des droits humains pour tous les peuples dans la pratique quotidienne, le respect et la protection des minorités et l’État de droit, parce que ce sont des conditions préalables importantes pour négocier avec les pays demandeurs de leur adhésion à l’UE. L’Union européenne, quant à elle, doit être politiquement et économiquement en état de prendre les mesures d’élargissement.

La Gauche européenne demande la mise en application concrète de la nouvelle politique de voisinage de l’Union sur la base de l’égalité, notamment en ce qui concerne les pays membres de la CEI et les États de la partie occidentale des Balkans.