78ème anniversaire de l’exécution de Pierre Semard

mardi 10 mars 2020
par  PCF Drôme

78ème anniversaire de l’exécution de Pierre Semard

« Nous sommes réunis aujourd’hui 7 mars 2020 en gare de Valence, pour commémorer le 78ème anniversaire de la mort de Pierre SEMARD, assassiné par les nazis.
Son histoire débute le 15 février 1887 à Bragny-sur-Saône. Ville qu’il quitte après l’obtention de son certificat d’étude.
Après plusieurs métiers, son engagement dans l’armée et un premier mariage, il est embauché par la compagnie du PLM, en 1911, à Bagnols-sur-Cèze, puis comme facteur à Montélimar et enfin intègre le secrétariat du chef de gare de Valence où il deviendra un militant exemplaire. A cette époque, l’organisation syndicale cherche sa voie.
La grande grève de 1910, malgré ses acquis, crée de graves dissensions dans la direction syndicale entre réformistes, guesdistes et révolutionnaires. 
C’est dans ce contexte que Pierre Sémard rentre en « syndicalisme ».
Le 1er août c’est la déclaration de guerre. Pierre Sémard est versé au service des trains à Valence.
Mobilisé fin 1918, il est envoyé en Belgique, mais revient rapidement à Valence au chevet de sa femme malade, qui malheureusement décédera de la grippe espagnole. Malgré cela et avec l’ensemble des travailleurs, il lutte contre la vie chère. Et fin1919, il est le dirigeant incontesté des cheminots de la Drôme.
Militant très actif, il va jouer un rôle national dans les grandes grèves de 1920. Cette même année, après le congrès de Tours, il adhère au Parti Communiste, dont il deviendra le secrétaire général.
Pierre Sémard fidèle à sa ligne, syndicalisme de masse, ouvert à tous, se retrouvera en prison plusieurs fois, notamment lorsqu’il mène le combat contre l’occupation de la Ruhr ou contre la guerre coloniale du Maroc.
Il mène la délégation des cheminots reçue par le 1er gouvernement Blum pour obtenir les 21 jours de congés, les 40 heures, la reconnaissance de l’organisation syndicale dans l’entreprise et la réintégration des cheminots révoqués en 1920.
Il se prononce pour un grand service public des transports et déclare que la fédération est prête à soutenir le gouvernement du Front populaire.
Lors de la création de la SNCF, il devient l’un des administrateurs issus de la représentation syndicale. Jusqu’en novembre 1938, il s’investit énormément dans l’organisation sociale de ce service public.
La rentrée de septembre 1938 voit monter la colère des travailleurs. Les décrets-lois de Paul Reynaud mettent le feu, et la grève générale est déclenchée le 30 novembre 1938.
Au lendemain de la grève générale, il est révoqué du Conseil d’administration de la SNCF pour avoir signé des tracts appelant à la grève. Traduit devant le conseil de discipline, il est rétrogradé facteur aux écritures et éloigné de Paris et de la Fédération.
Le 1er septembre 1939, la guerre est déclarée. La répression s’abat sur les militants ouvriers opposés à la politique de Daladier. Pierre Sémard se voit supprimer son titre de permanent et se retrouve à Loches (Indre et Loire).
Sous couvert d’une dénonciation pour détournement de fonds, Pierre Sémard se voit inculpé et arrêté le 16 septembre 1939 et est incarcéré à Fresnes puis en juin 1940 à Bourges.
En janvier 1941, il est dirigé sur le camp de Gaillon. Le 6 mars 1942, il est conduit à la prison d’Évreux, et le 7, il est fusillé par les nazis au titre d’otage.
Le 7 mars 1945, il aura droit à des obsèques officielles et sa dépouille repose désormais au cimetière du Père Lachaise.
Notre camarade Pierre Sémard serait fier du combat mener depuis début décembre par les cheminots actifs et retraités de la CGT pour un droit à une retraite décente. Nous pouvons constater combien les idées pour lesquelles Pierre Sémard s’est battu sont toujours d’actualité :
- Qu’il s’agisse du combat pour imposer la Paix dans le monde,
- Qu’il s’agisse de celui pour le rassemblement et l’unité d’action,
- Qu’il s’agisse de la nécessité de poursuivre l’action pour la sauvegarde et le développement des Services publics,
- Qu’il s’agisse du combat pour sauvegarder nos conquêtes sociales, nos retraites,
- Qu’il s’agisse enfin de la lutte en matière de libertés individuelles et collectives. Du droit à manifester et du droit de grève.

En ce jour, anniversaire de sa disparition, je vous demande de respecter une minute de silence pour honorer sa mémoire.
je vous remercie, je tiens aussi à remercier la présence de l’ANCAC (association nationale des cheminots anciens combattants ) et de Berthe Boyer ».

Alexandre GARAYT
Secrétaire CGT des cheminots de Valence