Les escrocs et leurs thuriféraires

mercredi 15 janvier 2020
par  PCF Drôme

A écouter les médias, alors qu’un mouvement social historiquement fort, avec plus de 40 jours de grève reconductible, s’oppose à la réforme des retraites Macron/Philippe, il y aurait d’un côté les syndicats « réformistes » prêts à négocier un « compromis » et les autres, CGT en tête, qui bloquent le pays sans cause réelle et sérieuse.
On sourit, au passage, devant cette (nouvelle !) définition du syndicat réformiste qui en exclut, par exemple la CFE CGC, on s’agace aussi à les entendre parler à l’envi du « premier syndicat de France » alors qu’un front syndical largement majoritaire demande le retrait du projet.

Depuis plusieurs semaines ils s’évertuaient à convaincre les français que la question de l’âge pivot était une mesure phare pour le gouvernement et un casus belli pour les syndicats dits réformistes, ainsi, une journaliste du DL lors d’une manifestation à Montélimar fin décembre interviewait systématiquement les manifestants sur cette seule question !
Et maintenant il leur faut convaincre que le gouvernement « grâce à l’action de la CFDT et de l’UNSA » ainsi que le clament visiblement satisfaits leurs dirigeants L Berger et L Lescure, aurait accepté de faire une « avancée majeure » en retirant provisoirement l’âge pivot à 64 ans !
La ficelle est un peu grosse, manifestement, et, nous étions nombreux à nous demander quand le gouvernement allait annoncer qu’il retirait cette mesure offrant ainsi une porte de sortie à ceux qui sont entrés bien tardivement dans le mouvement. Voilà c’est fait ! La carte de la division syndicale a été jouée !
Maintenant le vrai débat peut commencer, car si le gouvernement utilise des thuriféraires pour tenter de gruger les grévistes, cela ne passe visiblement pas auprès de la majorité des français et la réalité des buts de cette réforme apparaît de plus en plus évidente, notamment grâce à l’espace d’informations que le mouvement social a permis de créer.
Il y a une escroquerie manifeste lorsqu’il prétend qu’il retire (provisoirement) sa mesure d’âge pivot alors que tout le reste de son projet vise à réduire le coût des pensions à l’intérieur d’un cadre financier corseté avec pour seule solution l’allongement de la durée de cotisation. Au surplus, il persiste à indiquer que le régime universel comprendra quoiqu’il arrive un âge d’équilibre.
Les mots ont un sens et ceux qui, devant ce marché de dupes, choisiraient en définitive de s’incliner porteraient une responsabilité inouïe devant l’histoire et devront en répondre auprès des générations majoritairement sacrifiées.
Pour tous les autres, dont nous sommes, ce n’est pas le moment de baisser les bras, mais bien celui de tenir bon et d’élargir le mouvement pour obtenir une autre réforme des retraites de progrès social qui préserve l’équilibre de notre système et notre avenir commun.

Nicole GRENIER MERICO