1er novembre : la réforme de l’assurance-chômage - une machine à fabriquer la misère !

mardi 5 novembre 2019
par  PCF Drôme

Les nouvelles règles d’indemnisation du chômage : indemniser plus tard, moins bien et moins longtemps. Ces économies drastiques seront entièrement financées par les demandeurs, et plus particulièrement par les plus précaires d’entre eux – en intérim ou en CDD. La première étape démarre ce 1er novembre, avec un durcissement des conditions qui permettent d’ouvrir ses droits à l’assurance-chômage. La seconde débutera le 1er avril 2020, avec une chute brutale du montant des indemnisations.
À partir du 1er novembre, pour pouvoir s’inscrire comme demandeur d’emploi, il faudra avoir travaillé six mois au lieu de quatre (soit désormais 910 heures, ou 130 jours).
Les conditions du « rechargement », qui permet de préserver ses droits si l’on travaille en parallèle de sa période d’indemnisation, sont également durcies.
Le gros de la saignée se produira à partir d’avril 2020. Le mode de calcul des indemnités journalières va vraiment se durcir. 

Prenons, par exemple, deux personnes employées en CDD dans une entreprise faisant appel à des renforts provisoires. Les deux perçoivent le même salaire : 1521 euros bruts par mois, soit 50 euros par jour. Sur une période d’un an, la première y exerce un CDD de 6 mois en continu. La seconde y travaille également six mois, mais via deux CDD de 3 mois, l’un en début et l’autre en fin d’année. Selon les règles actuelles de calcul, chacune a ensuite droit à une allocation chômage de 940 euros par mois pendant six mois – soit 30 euros par jour, la période de référence pour calculer les indemnités étant la même que la période travaillée.
Avec le nouveau mode de calcul, la personne qui a travaillé en continu conserve son allocation de 30 euros par jour. Son indemnité est calculée sur la durée de son contrat. Mais son collègue, avec ses deux CDD, ne percevra que 15 euros par jour, soit 470 euros par mois. Moitié moins ! Pourquoi ? Parce que la période de référence prise en compte ne sera plus la période travaillée – deux CDD de 6 mois en tout – mais la période sur laquelle s’étalent les contrats, soit une année entière. Pour obtenir l’indemnité journalière, on va donc diviser six mois de revenus par 12 !

Celles et ceux qui subissent les méandres du travail précaire, comme les intérimaires et les personnes qui enchaînent les CDD en attente d’un contrat plus stable, seront les plus touchés.
Les personnes précaires seront orientées vers les emplois pénibles et mal payés.
Ces chômeurs mal indemnisés seront dirigés vers les annonces non pourvues, souvent constituées d’emplois pénibles et mal payés et ils auront des indemnités ridicules, voire pas d’indemnités du tout .

Quand elle a présenté la réforme, en juin 2019, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a même promis qu’il s’agissait d’une réforme « contre la précarité » !

Révoltons-nous ! Nous n’avons plus les moyens d’être pauvres !!!

Christine PEZZATTI