Sécurité sociale : l’austérité se poursuit dans la santé

mercredi 2 octobre 2019
par  PCF Drôme

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS ) 2020 confirme la mise en œuvre du projet ultralibéral de Macron. Le gouvernement entend poursuivre, tambour battant, sa marche dans l’organisation de la baisse des dépenses publiques. Plutôt que d’investir dans l’avenir, il continue à jouer une partie de bonneteau sordide où on tente d’éteindre des incendies qui se rallument sans cesse. Ainsi le « déblocage » de 750 millions d’euros pour les services des urgences, annoncées par Agnès Buzyn ne s’ajoutera pas au budget prévu pour les dépenses de l’hôpital mais sera puisé dans des crédits existants. Cette politique à courte vue n’est pas une décision anodine : elle va contribuer à affaiblir les services qui en ont tant besoin. A ce stade, le ministère de la santé ne prévoit pas l’ouverture de lits, ni de recrutements de personnels, comme le réclament les soignants et les patients.
La présentation du PLFSS pour 2020 a de nouveau donné lieu à l’entrée en scène du cœur des pleureuses. En cause : le retour du « trou de la sécu » qui aurait été « en partie, creusé en raison des réponses apportées aux gilets jaunes » ! . Non seulement ce « trou » n’est pas béant , puisqu’il ne représente que 0,2 % du PIB, mais il est savamment orchestré par les choix politiques et sociaux du gouvernement. La mise en scène de ce déficit trahit un objectif majeur : celui de justifier la poursuite de l’austérité dans le domaine de la santé, notamment pour ce qui concerne les retraites.
En décidant de faire baisser le coût du travail, le gouvernement a fait le choix de le faire payer à la sécurité sociale. S’inscrivant dans ce choix stratégique, il a mis en scène le retour du « trou de la sécu ». La hausse du déficit n’est donc pas le fruit d’un « dérapage », c’est un choix politique. Celui-ci permet de justifier toute une palette de restrictions dans le PLFSS 2020.
Et c’est ici justement qu’intervient la réforme des retraites avec la valeur du « point » qui s’appuiera notamment sur l’idée d’une stabilité du financement des retraites à 14 % du PIB. Mais le gouvernement prédit qu’il faudra trouver des ressources nouvelles et que le déficit ne serait que le reflet de « l’épuisement des économies de mauvaises réformes passées ». Il faut donc en trouver d’autres. Et bien, pour le MEDEF et le gouvernement, par ailleurs obsédés par la baisse des cotisations et de l’augmentation de la CSG, la retraite par points est le nec plus ultra de toutes les réformes. Elle offre la possibilité de comprimer les dépenses en modulant le « point ». Et cela, pour permettre de compresser à leur guise les retraites, à l’image de ce qui se fait déjà dans l’assurance-maladie où l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) est drastiquement mis en œuvre.
Cela a conduit à la dégradation de l’hôpital public et des soins.

Pierre TRAPIER