15 juin 2019 : un pique-nique de mobilisation

mercredi 19 juin 2019
par  PCF Drôme

Bar le duc, St Afrique, Privas, Beaumont sur Oise, Juvisy, Longjumeau, Sedan, Thann, Luxeuil, Gérardmer, Remiremont, St Dié, Lons le saunier, Le Blanc, Le Creil, Ruffec, Paimpol, Douarnenez... La liste est longue des villes où les collectifs ont organisé une manifestation le 15 juin, qui pour défendre un bloc de chirurgie, qui pour demander des moyens pour un service, qui pour renforcer la psychiatrie enfant pauvre du système de soins, qui pour le maintien de lit de gériatrie, de médecine, qui pour exiger le maintien d’une maternité ou comme au Blanc, à Creil, sa réouverture.
Et plus de 100 services d’urgence en grève partout en France.
Partout des associations d’usagers font face au ravage de la politique de Mme Buzyn et à la mise en œuvre de ce qui n’est pourtant qu’un projet : le projet de loi « ma santé 2022. »
A Die, nous venons de recevoir le rapport d’inspection suite au décès d’un bébé in utero. Disons le clairement, le rapport n’a rien à voir avec les conférences de presse organisées par l’Agence régionale de la santé (ARS) ou les hôpitaux de Valence et Die qui ne cherchent apparemment qu’à se dédouaner. Ce que ce rapport reflète, c’est le mépris des populations rurales, la catastrophe engendrée par les politique d’économies, d’austérité et le manque d’humanité. La maman du petit Aimé nous dira : « perdre un enfant c’est douloureux, accoucher dans un hélicoptère c’est douloureux, lire le rapport de l’ARS et se faire pointer du doigt c’est une nouvelle douleur ». Tout est dit.

La loi Buzyn : c’est la remise en cause de l’accès aux soins de proximité
Alors que le Sénat doit se prononcer cette semaine sur le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé, la Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité tient à manifester son inquiétude : ce projet de loi n’est pas à la hauteur de la crise de l’hôpital public et de l’accès aux soins dans notre pays ; pire, il aggrave les décisions précédentes qui ont conduit à cette crise et favorise le secteur privé, contrairement à l’intérêt général.
La définition que donne Madame Buzyn des hôpitaux de proximité est un recul de plusieurs décennies, sans maternité, sans chirurgie, voire sans urgence ni SMUR. L’objectif annoncé de cinq à six cents hôpitaux labellisés « hôpitaux de proximité », va entraîner de facto la fermeture de nombreuses maternités, services de chirurgie et services d’urgence.
La référence au terme de « proximité » est une tromperie, un miroir aux alouettes qui vise à masquer la volonté gouvernementale de déclasser des centaines d’hôpitaux.
Pour les citoyens, la « proximité », c’est la garantie de plus d’humanité et de sécurité sanitaire.

Pour la Coordination, un véritable hôpital de proximité doit comporter, non seulement un service de médecine, mais aussi au minimum un service d’urgences fonctionnant 24h/24, une maternité de premier niveau, une activité de chirurgie avec le plateau technique nécessaire, la présence d’un SMUR : la proximité, c’est la sécurité.
Ce niveau de soins est une condition sine qua non pour assurer un maillage territorial permettant d’assurer un accès égalitaire aux soins pour toutes et tous.
Pour la pérennité et la qualité du service public, il est vital de mettre un terme à la marchandisation de la santé, de maintenir et développer l’emploi, la création de lits, de réguler l’installation des professionnels de santé et de mettre en place un véritable service de santé de proximité organisé autour des centres de santé.

Le projet de loi acte la fin du numerus clausus, limitant le nombre de médecins formés, mais, sans moyens supplémentaires pour l’université, cela ne sera que des mots.
La Coordination Nationale appelle à signer le manifeste pour une renaissance des maternités, initié avec le collectif du Blanc, et à participer massivement aux initiatives de ses comités dans le cadre d’une journée d’action nationale contre les fermetures de maternités, de services d’urgences, de chirurgie et pour l’accès de toutes et de tous aux soins dans la proximité et sans discriminations financières, c’est à dire pour une prise en charge à 100 % par la Sécurité Sociale.

Philippe LEEUWENBERG
Président du collectif de défense de l’hôpital de Die