Et maintenant, quelle gauche, après ça ?

mercredi 5 juin 2019
par  PCF Drôme

Emmanuel Macron a offert au RN un regain de crédit politique. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où les formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plusieurs pays d’Europe. Nous n’en sommes que plus inquiets vu la place qu’ont pris les propos démagogiques ou mensongers, les discours racistes et les appels à la stigmatisation des réfugiés.

La grande question qui nous est désormais posée en grand, à nous mais aussi à tous à gauche, dans un paysage à nouveau chamboulé, c’est celle de la reconstruction, afin d’ouvrir une issue à la grave crise que vit le pays. Il convient d’y travailler d’arrache pied avec la seule visée possible : le rassemblement.
C’est le sens de l’appel solennel que le PCF a lancé à l’ensemble des forces de gauche, dans le respect de la diversité, sur des propositions de gauche. Le chantier de la reconstruction est considérable car la tâche qui nous attend n’est pas écrite à l’avance, mais elle est incontournable.

Le capital qui tire aujourd’hui les ficelles a bien compris que la meilleure carte à jouer dans ce chamboule-tout est celle de la Macronie, toute acquise à sa cause, pour attiser les braises d’un duo qui n’est aucunement un duel, entre Macron et l’extrême droite. Cette mise en scène donne du carburant aux projets les plus réactionnaires et les plus destructeurs contre le monde du travail.

Dans ce contexte d’après élections, il y a de quoi être très inquiet par le rouleau compresseur en marche. A peine les urnes rangées que le prix de l‘électricité augmente vertigineusement, que les promesses autour de Alsthom-Général Electric à Belfort ne sont que chiffons de papier, comme ceux de l’après Whirpool à Amiens ou encore d’Ascoval.

Mais la campagne que nous avons menée autour de Ian Brossat doit en dépit de la déception nous ragaillardir. Des graines ont été semées pour l’avenir. Nous avons attiré la sympathie, l’intérêt. Comme le souligne Ian Brossat lui-même « La gauche doit s’assumer fièrement et se rassembler. S’assumer fièrement : la gauche de demain doit placer au cœur de son projet la justice sociale et l’urgence écologique, et pour cela la rupture claire avec le libéralisme. Se rassembler car, sinon, le risque est grand de voir le scénario mortifère de la bipolarisation entre libéraux et fachos s’ancrer durablement dans notre pays ».

Un immense chantier nous attend.
Abordons le avec l’envie sincère de tendre la main, dans le travail collectif et le respect mutuel.

Pierre TRAPIER