Extraits de l’intervention de Sarah Chaussy, candidate sur la liste de Ian Brossat, au meeting du 15 avril

mardi 21 mai 2019
par  PCF Drôme

« Je m’appelle Sarah Chaussy, je suis paysanne et fière d’être engagée auprès de Ian Brossat, dans la bataille des européennes. Avec mon conjoint, j’élève des cochons et des brebis en plein air, sur la commune de Sceautres, sur le plateau du Coiron en Ardèche. Nous essayons au travers de notre activité, de mettre en pratique nos convictions en faveur d’une agriculture locale, de qualité, à taille humaine et respectueuse de l’environnement. Nous avons structuré notre activité au fil des années, de manière à maîtriser les différentes étapes de notre production, de la naissance de nos bêtes, à la commercialisation en circuit court. De la fourche à la fourchette pour ainsi dire…
En tant que paysanne, je suis particulièrement concernée par les enjeux européens. L’Union européenne consacre 55 milliards d’euros à la Politique Agricole Commune chaque année. Mais l’Union Européenne ne s’intéresse qu’à la taille des exploitations et ne se soucie guère de la qualité des productions.
Parmi ces 55 milliards 80 % profitent seulement à 20 % des activités agricoles.
D’un côté, c’est synonyme d’élevages intensifs, en batterie, bourrés aux antibiotiques, sans aucune considération pour l’animal.

De l’autre côté, c’est synonyme de monoculture intensive fortement mécanisée et gourmande en produits phytosanitaires tel que le glyphosate. Et plus on bousille les sols, plus on devient dépendant des intrants. C’est un cercle vicieux, mais qui s’avère tout à fait juteux à court terme, pour des multinationales telles que Monsanto.

Seul compte le profit, c’est leur unique boussole.

Cette survalorisation des grosses exploitations dans la PAC a contribué à la disparition de près d’un quart des installations agricoles en Europe, en l’espace de 10 ans.

Demain, avec des traités de libre échange, tel que le Mercosur, la mise en concurrence des producteurs s’aggravera fortement, avec à la clé, la destruction du monde paysan

C’est bien de logique, de modèle agricole qu’il faut donc changer.
Le capitalisme repeint en vert reste le capitalisme.
Prenons l’exemple du bio. Rappelons que c’est une labellisation qui ne dépend pas directement d’une autorité publique. Comme beaucoup de labellisations, elle vise à rassurer le consommateur et donner le sentiment que ce sont des aliments sains.

A certains endroits, les pesticides sont tout à fait tolérés et c’est pourtant estampillés bio et au prix du bio.
Et comment peut-on prétendre que tel ou tel produit est bio, sachant qu’il a parcouru des milliers de kilomètres entre l’endroit où il a été produit et l’endroit où il est consommé ?
Ce à quoi nous aspirons : c’est à une agriculture paysanne fournissant une alimentation saine à toutes et tous et j’insiste bien là dessus.

Les aliments sains ne doivent pas être le privilège de quelques uns, mais un droit garanti à tous.

Pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique, il faut donc relocaliser les productions et réhabiliter les petites fermes en polyculture.
Nous portons haut et fort, pour nous, pour nos enfants, une agriculture raisonnée, diversifiée, locale, à taille humaine, de qualité, dont l’objectif est la satisfaction des besoins de toutes et tous et qui rétribue le producteur à sa juste valeur.

Nous portons haut et fort une refonte de la PAC. Elle doit s’affranchir de la logique productiviste et concurrentielle, mortifère pour les peuples et la planète.

En France, nous devons donner les moyens aux jeunes agriculteurs de s’installer, avec des aides au démarrage d’activités indépendantes des lobbies agricoles.
Nous devons également leur faciliter l’accès au foncier, car les terres sont là. Pourtant, le foncier constitue un des principaux problèmes auquel ils se trouvent confrontés.
On le voit : les choses sont liées, il faut les penser dans leur ensemble.
La ruralité, la campagne ce n’est pas une image d’Épinal, ni une carte postale, ou un endroit où l’on vient séjourner pendant ses vacances. N’en déplaise à certains, c’est un endroit où vivent des gens toute l’année et même toute leur vie.
Et pour vivre en milieu rural, nous avons besoin d’infrastructures, nous avons besoin de services publics de proximité : d’écoles, d’espaces culturels, de transports, d’hôpitaux, de maternités...

Quand je pense à la maternité de Privas où j’ai accouché de mes deux filles, qui est menacée de fermeture, au nom d’une prétendue rentabilité… je suis scandalisée !

Pour conclure, je suis très fière de faire partie de la liste du Parti Communiste Français, menée par Ian Brossat.
Une liste à l’image de la société française et à l’image des combats que nous voulons porter haut et fort dans les institutions européennes.

Ces combats en faveur d’une agriculture durable, en faveur des services publics, en faveur de la transition écologique, en faveur de la solidarité et de la paix ont une portée universelle et j’y suis très attachée.
Et je tiens à saluer Ian pour la campagne qu’il mène avec beaucoup d’énergie, d’envie et de pugnacité. Merci à vous ! ».


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