Le climat est devenu un terrain de luttes des classes considérable !

mercredi 20 mars 2019
par  PCF Drôme

Tout le monde s’accorde devant l’urgence climatique…mais les actes ne suivent pas ! Trois ans après l’accord de Paris, la France ne tient pas ses engagements en augmentant ses émissions de CO2 et il en est de même de la plus grande majorité des pays.
Le capitalisme, mondialisé et financiarisé, et son mode de production, provoque des dégâts humains et environnementaux considérables. Notre combat pour faire disparaître, dans un même mouvement, les inégalités sociales et environnementales prend dès lors tout son sens. C’est vrai à l’échelle de la planète. En effet ,quelle que soit l’origine des émissions de gaz à effet de serre, de l’exploitation irresponsable des ressources, demain ce sont tous les pays, tous les peuples, qui en subiront les conséquences néfastes, et au premier rang les plus pauvres, alors que ce sont eux qui ont le plus besoin d’un développement responsable.
Ainsi l’écologie est devenu un terrain de luttes de classes considérable. Nous avons en commun un adversaire : le capitalisme ! L’urgence climatique est devenu un enjeu central dans la mise en accusation du capitalisme. Le premier principe est d’en finir avec l’oligarchie capitaliste qui domine actuellement le monde entier. L’adversaire est donc bien identifié. Le capitalisme n’est pas éco-compatible même s’il a la capacité à récupérer et à s’adapter aux aspirations de la société. Mais il s’agit pour lui, de tout changer sans rien changer… pour les plus riches. C’est ainsi qu’il avance l’idée de capitalisme vert : il faut tout peindre en vert sans pour autant s’attaquer aux inégalités sociales, culturelles, environnementales. Le journal « Capital » ne dit pas autre chose lorsqu’il titre « comment profiter soi-même de la folie du business vert ? ». Tout est dit.
Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les Etats membres de l’UE ont pour 2030 fixé des objectifs contraignants, mais comme le souligne Ian Brossat qui conduit la liste « contre l’Europe de l’argent » aux élections européennes, ces objectifs sont objectivement insuffisants pour espérer atteindre ceux de la COP21. Pour une raison simple, ils sont objet d’instruments et de politiques spécifiques soumis aux logiques libérales. Pourtant, et c’est heureux, des convergences européennes font jour autour desquelles se fédèrent des luttes, porteuses de la remise en cause des logiques européennes où la « concurrence libre et non faussée » conduit à des ravages sur le plan humain et environnemental.
Ainsi, on le verra dès cette semaine, le projet de loi d’orientation du gouvernement sur les mobilités (LOM) ne dit rien sur l’indispensable complémentarité des modes de transport et laisse le tout-routier, gros émetteur de CO2, barrer la route aux transports non polluants que pourraient être le rail et la voie d’eau. Pourtant, le premier angle d’attaque serait de mettre au ban des accusés la libéralisation totale du transport ferroviaire fret et passagers, responsable pour sa part, d’ effets dévastateurs sur le climat et de l’air que nous respirons. Il s’agit bien à cet endroit, d’un enjeu de classes.

Pierre TRAPIER