EDUCATION : LE COUP DE SEMONCE DU 12 NOVEMBRE

mercredi 14 novembre 2018
par  PCF Drôme

Toutes les fédérations de l’Education appelaient ce 12 novembre à la grève et à la manifestation, tant les raisons de la colère sont profondes contre la politique menée par Blanquer et Macron. A Valence, ce premier rendez-vous a été une réussite : le cortège a réuni 800 manifestants, profs, lycéens, agents administratifs ou territoriaux, assistantes sociales.

Les manifestants dénonçaient l’école Blanquer- l’école Kärcher. Le Ministre Blanquer a beau vanter son école de la confiance, il ne fait pas oublier qu’il a été aux manettes du ministère sous Robien et Sarkozy et qu’il a déjà supprimé 80 000 postes durant ces années-là. C’est la même logique qui se profile avec un budget dont la hausse est inférieure à l’inflation prévue en 2019. D’ailleurs en euros constants, le budget 2019 est inférieur d’un milliard à celui de 2007, alors qu’on annonce 30 000 élèves supplémentaires pour les trois prochaines rentrées. Moins de postes, cela signifie plus d’élèves par classe, moins d’offres de formation, moins d’adultes dans les établissements.

Même les 1900 créations de postes dans le premier degré sont un leurre : elles ne serviront qu’à continuer le dédoublement des CP et des CE1, au détriment des autres classes, du remplacement et de la formation. Dans la Drôme, ce dispositif bénéficiera à une vingtaine d’écoles, alors que les 400 autres verront au mieux leurs moyens stagner.
Plus largement, les familles en difficulté resteront les parents pauvres de l’école Blanquer : il n’y aura pas plus d’argent pour recruter des AVS auprès des élèves handicapés ; les Assistantes Sociales pour les collégiens et lycéens seront toujours aussi peu nombreuses (elles sont actuellement 18 pour 35 000 collégiens et lycéens, une pour 10 000 étudiants !

Pour faire bonne mesure, les réformes décidées par Blanquer détruisent un peu plus encore le Service Public d’Education : dans les lycées professionnels, on réduit l’enseignement général pour développer l’apprentissage si cher au MEDEF ; dans les lycées généraux et technologiques, on supprime les séries pour remplir les classes à 35 et le Bac sera organisé localement. Pour couronner le tout, la grande loterie nationale Parcours Sup reste en place.

Voilà l’école que refusent les enseignants, celle du tri social, celle du maintien des inégalités. Il en faut peu pour que les parents n’entrent dans la danse. Il appartient aux communistes d’apporter tout leur soutien aux personnels de l’Education et de porter à leurs côtés la revendication d’une Ecole plus juste et plus émancipatrice.

Jean-Louis MOLLARD