Le système par points : du pain béni pour le MEDEF !

mercredi 17 octobre 2018
par  PCF Drôme

A pas de loup et sur des œufs, tel est le rythme de la refonte du système des retraites, décidée par le gouvernement Macron-Philippe.
Lorsqu’on entend Agnès Buzyn dire que le futur projet de loi vise à rendre le système des retraites « plus adaptable aux crises qui pourraient subvenir à l’avenir : crise démographique, économique, financière » on aura vite compris que le projet prend l’allure d’une bombe à retardement.
En effet, le système par points qui vise à remplacer la cotisation par trimestre, présente une caractéristique aussi essentielle que destructrice : pouvoir réduire mécaniquement et à tout moment le montant des pensions par la révision à la baisse du point, cela sans avoir besoin de consulter le Parlement, et surtout sans écorner le moindre centime de profit ou d’argent public accaparé par les grandes fortunes.
En mars 2016, le candidat Fillon osait formuler un propos particulièrement évocateur :« Le système par points permet en réalité une chose qu’aucun homme politique n’avoue : baisser chaque année la valeur des points et diminuer le montant des pensions ».
Cette refonte du système a pour premier principe de prendre en compte l’ensemble des bulletins de salaire au moment de déterminer le montant de la pension mensuelle.
On imagine sans peine combien ce système par points est de nature à pénaliser les travailleurs et notamment les femmes qui auront connu des périodes de précarité au cours de leur carrière professionnelle, les « incitant » à différer du même coup leur départ après 62 ans avec la mise en place d’un dispositif pervers par l’instauration de « décotes ».
Ce système harmonisé par points, sorti des tiroirs du MEDEF, s’inspire notamment du système suédois qui est loin d’être le modèle radieux décrit par Macron.
On constate que le modèle suédois paupérise grandement les retraités.
En effet, pas moins de 300 000 retraités vivent sous le seuil de pauvreté et l’âge minimum de départ en retraite devrait passer à 64 ans en 2026, contre 61 ans aujourd’hui. Un système basé sur une vision individualiste désormais fondé sur la capitalisation. On est bien loin du modèle français qui est basé sur un système par répartition.
Ainsi, avec le projet du gouvernement, c’est un des fondements essentiels de la Sécurité sociale construit autour de la solidarité intergénérationnelle qui serait balayé.
Un projet mis au service de la finance avec la bénédiction du MEDEF.

Pierre TRAPIER