La plan santé de Macron....

mercredi 26 septembre 2018
par  PCF Drôme

Annoncé comme la réforme majeure du quinquennat, le plan santé présenté par Emmanuel Macron le 18 septembre depuis l’Elysée ne répond pas aux besoins exprimés par les patients et les soignants
Alors que le secteur de la santé et du médico social est agité par de nombreux mouvements sociaux, (1700 en un an, un record), que le désespoir gagne les soignants, le plan présidentiel passe délibérément à côté. Les mots employés sont forts : transformation en profondeur, fin des déserts médicaux, développement de la prévention et de la qualité des soins, mais le cadrage budgétaire restera le même avec l’affirmation que notre système de santé a suffisamment de moyens et juste besoin d’une réorganisation profonde.

400 millions d’euros de rallonge budgétaire sont annoncés en 2019, destinés à financer quelques mesures phares comme la création de 4000 postes d’assistants médicaux pour aider les généralistes et de 400 postes de généralistes salariés dans les zones en déficit. C’est toujours bon à prendre mais ne rêvons pas : 400 médecins salariés pour 90 000 généralistes, c’est + 0,4 %. 4000 postes d’assistants médicaux c’est 1 pour 22 médecins ! …Et le nombre de médecins généralistes est en baisse constante (- 6,5% depuis 2007, - 10% attendus pour les 10 ans à venir).

400 millions d’euros, cela ne représente que 0,25% du budget de la santé, à peine la moitié du déficit des hôpitaux ! Et qu’en sera- t -il vraiment alors que le budget de la CNAM prévoit 2 milliards d’économie pour 2019 ?

La fin du numerus clausus est annoncée pour 2020, c’est positif, mais le président avertit : « Le système de formation des futurs médecins restera sélectif, comme c’est le cas actuellement dans nos universités ».
Son entourage laisse échapper que la possibilité existe que les étudiants soient moins nombreux à l’arrivée ! Et on peut légitimement s’inquiéter car le dispositif mis en place dès l’entrée en première année d’université permet désormais de se passer de numerus clausus !
Les fermetures d’hôpitaux ou de services vont se poursuivre, Agnès Buzyn indique « possible qu’un certain nombre de services de proximité ne soient pas maintenus ». Le leitmotiv de la « qualité des soins » étant toujours utilisé pour justifier, même si les éléments de preuve n’ont jamais pu convaincre les patients qui voient disparaître la proximité des soins.

L’hôpital public, les EHPAD et la psychiatrie qui sont en crise sont les grands oubliés de ce plan qui balaye d’un trait de plume la demande des professionnels de 100 000 postes à l’hôpital et 200 000 dans les EHPAD.
E Macron nous refait le coup de l’Education Nationale, il propose quelques miettes et tout en affirmant de grandes ambitions, il poursuit la destruction de notre système social. C’est la politique du double langage ou de l’enfumage qui continue !

Nos concitoyens sont de moins en moins dupes, contribuons à faire grandir leur protestation.
Nicole GRENIER-MERICO