Les arrêts maladie dans le viseur de Macron

mercredi 22 août 2018
par  PCF Drôme

Selon le journal Les Echos, le gouvernement envisage que les arrêts de travail de moins de huit jours ne soient plus pris en charge par la Sécurité sociale mais par les entreprises. L’affaire a été lancée en catimini début août. Ainsi, l’exécutif voudrait mettre à bas l’un des fondements de la Sécurité sociale telle qu’elle a été instaurée en 1945, en l’occurrence : la prise en charge des arrêts de travail par l’assurance maladie. Pour commencer, le gouvernement souhaiterait s’attaquer aux arrêts de - de 8 jours (d’après Les Echos, il comptait même au point de départ, viser les arrêts de - de 1 mois). Une façon pour l’exécutif de « responsabiliser les entreprises face aux arrêts de courte durée ». Autrement dit, la sécu ne paierait plus rien, tout serait renvoyé à d’éventuelles dispositions (et à la souscription d’assurances), entreprise par entreprise dans la logique des ordonnances travail.
Le MEDEF peut dire merci à Macron : à partir du 1er janvier prochain, les cotisations « patronales » d’assurance maladie vont baisser de six points (elles sont aujourd’hui de 13 % du salaire brut).
Le MEDEF ne conteste pas sur le fond le désengagement de la Sécurité sociale voulu par Macron, bien au contraire : lui et son ancêtre (le CNPF) n’ont d’ailleurs eu de cesse de prôner le démontage complet de la sécu. Souvenons-nous de ce que disait un ancien numéro 2 du MEDEF, Denis Kessler, en octobre 2007 : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 ». D’ailleurs le MEDEF, quelques années plus tôt (novembre 2001), prônait notamment : «  le versement des indemnités journalières pourrait relever d’un système différent, confié à la responsabilité des partenaires sociaux, employeurs et salariés ». Un système différent, ce peut être des assurances payées par le salarié…

Le désengagement de la sécu de l’indemnisation des arrêts de travail n’est donc pas une question technique. De même qu’avec l’instauration programmée par le gouvernement d’un système de retraites « universel », fondé sur la capitalisation individuelle de points tout au long de la carrière, ce sont les fondements même des principes d’égalité et de solidarité, qui ont présidé à la création de la Sécurité sociale au sortir de la seconde guerre mondiale par Ambroise Croizat, qui sont menacés.

Pierre TRAPIER


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