Les contradictions de Nicolas Hulot par Gérard Le Puill

Lundi, 30 Juillet, 2018
jeudi 2 août 2018
par  PCF Drôme

Alors que la canicule persiste en France et que des incendies ont fait de gros dégâts en Suède, en Grèce et continuent de s’étendre en Californie, le ministre de la Transition écologique et solidaire s’est exprimé hier dans le Journal Du Dimanche (JDD). Un entretien dans lequel abondent les contradictions, tant la politique du gouvernement dont il est membre alimente au quotidien le processus de réchauffement climatique.
« Il faut une union sacrée sur le climat », titre le JDD en mettant en exergue cette phrase prononcée par Nicolas Hulot. Ce dernier dit aussi que « nous assistons en spectateurs avertis à la gestation d’une des plus grandes tragédies de l’humanité. Les objectifs que nous nous sommes fixés aux niveaux national et international nous imposent de changer de modèle (…). Ressaisissons-nous pendant qu’il est temps », ajoute le ministre.
Mais la politique du gouvernement auquel participe Nicolas Hulot permet-elle ce ressaisissement ? Après avoir indiqué que le réchauffement climatique est « la conséquence de nos inconséquences », Nicolas Hulot tente de répondre par l’affirmative en posant cette question : « Mais a-t-on réellement besoin d’avoir le choix entre un réfrigérateur produit en Asie et un autre en France ? Il nous faut relocaliser une partie de l’économie ».
Nicolas Hulot a raison de poser ce genre de question. Mais, pour mieux dénoncer une « inconséquence » connue de tous, il aurait pu prendre l’exemple des lave-linge de la firme américaine Whirlpool. Ils étaient produits dans l’usine d’Amiens. Leur transfert en Pologne a été annoncé par la firme sous le quinquennat de François Hollande et ils ont été délocalisés à la fin du printemps de cette année. On a cassé une usine en bon état de marche en France pour construire la même en Pologne. Comme le coulage d’une tonne béton émet 900 kilos de CO2, ce transfert augmente en amont le bilan carbone de la production délocalisée. Ensuite, l’électricité qui alimente l’usine polonaise de Whirlpool provient du charbon à 80%. Elle est donc fortement émettrice de CO2 ce qui augmente encore le bilan carbone de chaque lave-linge dont la fabrication a été transférée de Picardie en Europe centrale pour augmenter de taux de profit de Whirlpool grâce à des salaires trois fois plus bas qu’en France . Comme les trois quarts de ces lave-linge sont vendus en Europe de l’Ouest, ils sont ensuite transportés en camion sur des milliers de kilomètres avant d’être livrés aux acheteurs. Là encore le bilan carbone est aussi désastreux que celui d’un réfrigérateur fabriqué en Asie. N’oublions pas que le candidat Macron, natif d’Amiens, est allé dire aux salariés picards de Whirlpool, qu’il acceptait cette délocalisation industrielle. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen.
Ajoutons que Whirlpool n’est qu’un mauvais exemple parmi des milliers d’autres. Selon l’INSEE, la France a perdu 530.000 emplois industriels entre 2006 et 2015 pour cause de délocalisation dans des pays à bas coûts de main d’œuvre, souvent à l’intérieur de l’Union européenne. Dans la seule industrie du pneu, la France a vu fermer plusieurs usines avec la perte de 11.700 emplois durant ces dix années (1).

Des véhicules électriques pour tout le monde ?
Dans cet entretien au JDD, Nicolas Hulot affirme « Depuis mon entrée au gouvernement, nous avons renégocié les appels d’offres des six champs d’éoliennes offshore pour en construire plus sans dépenser plus. J’ai donné un cap pour que l’industrie automobile propose, dans un délai très court, des véhicules électriques à tout le monde ».
En dépit de cet appel d’offre renégocié, il se passera beaucoup de temps avant que l’éolien, terrestre et offshore, atteigne seulement le quart de notre production électrique contre moins de 5% en 2018. Il faudra aussi beaucoup de cuivre et de matériaux issus des terres rares pour fabriquer ces éoliennes et les batteries des voitures électriques destinées « à tout le monde », comme le propose Nicolas Hulot. N’oublions pas que le ministre de la Transition énergétique et solidaire reprend à son compte le passage le plus rapide possible à seulement 50% d’énergie électrique produite par les centrales nucléaires, même s’il a admis que cela ne lui semblait pas possible en 2025 comme le promettait François Hollande. Le nucléaire n’émet pas de CO2, tout comme les énergies renouvelables. Mais ces dernières sont intermittentes quand elles dépendent du vent ou du soleil. Sachant cela, force est de constater que réduire rapidement la part du nucléaire dans notre mix énergétique se traduira par une relance des centrales au gaz et au fioul, et pas seulement lors des pics de consommation.

En attendant de lancer en grand la production de voitures électriques pour permettre « à tout le monde » d’en acheter une ou plusieurs, Nicolas Hulot a pris des mesures incitatives, sous forme de primes, pour retirer de la circulation des véhicules diesel au profit des véhicules à essence . Si le recul du nombre de nombre de kilomètres effectués chaque jour par des voitures diesel limite les émissions de particules fines, il n’en va pas de même pour le CO2. Car les véhicules à essence, plus gourmands en carburant, en émettent plus de les voitures diesel. Ajoutons que beaucoup des véhicules diesel retirés du marché en France, sont vendus en Afrique où ils contribuent à l’augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, plus on accélère le renouvellement du parc automobile dans un pays comme la France, plus on favorise une exploitation accélérée des matières premières minières de toutes sortes avec, là encore, un bilan carbone global en augmentation constante.


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