EVELYNE GUIGUON - UNE MEMOIRE S’ETEINT

jeudi 17 mai 2018
par  PCF Drôme

Parmi les personnalités qui ont salué sa mémoire, notre camarade Robert Pènelon a rappelé son engagement dans la Résistance et dans les associations d’anciens combattants.
« A 96 ans ,notre camarade continuait de s’informer sur ce que l’ANACR développait auprès de l’opinion publique et de la jeunesse surtout pour faire comprendre ce que l’occupation nazie et les collabos de Pétain, Laval Darnand firent subir au peuple Français et donc comment il fallut résister et retrouver sa Liberté.
Ce travail de Mémoire qu’ elle ne pouvait plus assumer vers les collèges en raison de son handicap de surdité relatait son rôle de Résistante.
Son refus de l’occupation est fort ,son père cheminot lui demande des actes délicats comme porteuse de messages ou d’armes.
Et en janvier 1943, alors qu’elle est jeune mariée, l’institution du S.T.O (Service du Travail Obligatoire) devient un obstacle majeur à son bonheur, à l’épanouissement de son couple
Abel, son époux, cherche à trouver du travail agricole dans des fermes, Evelynes aide des jeunes à trouver des faux papiers ,des caches. Elle diffuse des tracts ,colle des papillons antinazis, assure des liaisons tout en travaillant.

Mais deux perquisitions sont ordonnées pour retrouver son mari, puis suite à une dénonciation, pour fourniture de faux papiers par une agente infiltrée, vont rendre difficile le devenir du couple
Les miliciens accompagnés d’un inspecteur de police fouillent le domicile et à la faveur d’une montée à l’étage avec Abel,Evelynes est aidée par le policier qui lui subtilise des photos compromettantes, enfouies dans son sac à main et les glisse dans sa veste !!
Arrêtés, ils sont interrogés et l’infraction se réduit à l’usage de faux papiers achetés imprudemment pour Abel avec une condamnation à 15 jours de prison avec sursis pour Evelynes et un mois pour Abel.
Les manœuvres subtiles de la Direction de la Maison d’arrêt pour éviter que des STO soient récupérés et envoyés en Allemagne, la présence d’esprit d’Abel font que ce dernier échappe à la déportation.
Abel peut disparaître dans la nature, Evelynes reprend ses activités au sein de la 2ème Compagnie FFI comme agent de liaison, prospecteur de caches d’armes, fournisseur de pain aux clandestins en s’adressant à des boulangers favorables à la Résistance.
En août 1944, le couple est affecté en Ardèche avec la compagnie du commandant Ollier dit Ravel et participe à la gestion des effectifs. A la Libération, ils s’engagent dans l’armée de Libération.
Au retour à Valence, Evelynes, communiste, consacre son militantisme à la cause de la Paix dans le prolongement de ce que fut la Résistance, et au féminisme. On la retrouve dans les organisations patriotiques, à l’ARAC, à l’ANACR, Vice-Présidente départementale, au jury du Concours National de la Résistance et de la Déportation.
Au congrès départemental le 14 octobre 2017, elle assiste activement à la séance plénière puis au dépôt de gerbes
En 2008, son rôle important est enfin reconnu et Evelynes est promue Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur à titre militaire. Choisie comme marraine de Mireille Monier-Lovie, nouvelle Chevalier de la Légion d’honneur en février 2017 alors que celle-ci était condamnée par la maladie, Evelynes assuma cette mission avec une émotion intense que partageaient tous les participants à cette cérémonie. Deux symboles de la cause de la Résistance étaient unies » 
L’engagement d’Evelynes, ce fut aussi celui dans l’Union des Femmes Françaises. C’est notre camarade Anne-Marie Goux, responsable de Femmes solidaires, qui nous a fait partager ses combats.
« Constituée en 1945, L’Union des Femmes françaises était une organisation de Femmes dont la philosophie et le but s’inspiraient des comités féminins de la Résistance. Evelynes, tu en fis immédiatement partie. Tu fus une fervente animatrice des Comités par ville, par quartiers... »
Anne Marie cita l’action de celui du quartier Faventines/Robinson avec près d’une quarantaine d’adhérentes : « des démarches incessantes auprès de la municipalité pour la création d’une aire de jeux, pour la mise en service d’une navette de cars en raison de l’éloignement de la ville, création d’un chemin de Robinson reliant le quartier à l’école communale pour éviter l’usage de la route aux enfants…
A ces actions locales, avec des amies, tu as organisé des conférences sur des thèmes de société et d’actualité : sur l’accouchement sans douleur avec le Dr Lamaze, sur l’enfance avec le Dr Bernard… des manifestations festives : le bal des mimosas par exemple, les matinées récréatives ou kermesses où les talents locaux étaient mis à contribution aux côtés des professionnels… »
« Au delà de tout ce travail, nous avons une réelle tendresse pour cette grande dame, émouvante et touchante, d’une gentillesse infinie, d’une générosité immense mais aussi une profonde reconnaissance car nous lui devons à elle et à d’autres de Valence et d’ailleurs, ce dont nous bénéficions, nous les femmes d’aujourd’hui, bien souvent sans nous en rendre compte ».

La Fédération du PCF, Les Allobroges adressent à sa famille leurs condoléances attristées.

Yvonne ALLEGRET