Maintien de la maternité de Sarlat. Pourquoi ce qui est possible à Sarlat ne le serait-il pas à Die ?

jeudi 12 avril 2018
par  PCF Drôme

La Ville de Sarlat (Dordogne) comptait 9 127 habitants en 2015. Elle est au centre d’une aire urbaine de19 651 habitants. Selon APM News, la maternité vient d’obtenir une dérogation de cinq ans, pour son fonctionnement.. L’hôpital est situé dans un territoire rural, à environ 1 H 15 de voiture (70 km) du Centre Hospitalier de Périgueux.

Le directeur de l’établissement a souligné que l’activité de gynécologie-obstétrique « répond à un besoin fort de la population et met en œuvre une politique d’accès aux soins indispensable sur le territoire, répondant à l’engagement d’accéder à une maternité dans un délai de 30 mn. »
Le rapport Cour des Comptes précisait : « La maternité du CH de Sarlat est de catégorie I. Le franchissement du seuil en 2015 pose la question de la dérogation. »
Celle-ci a été demandée par le directeur et obtenue, contrairement à ce qui s’est passé à Die où le directeur n’a fait aucune démarche dans ce sens, sans en aviser le Conseil de Surveillance.
Autre différence : le directeur de l’ARS de la région Aquitaine, plus compréhensif que le nôtre, a accepté d’accorder une autorisation de fonctionnement de la maternité jusqu’en 2022.
« Bien que le seuil réglementaire d’accouchements ne soit pas atteint, a expliqué la directrice déléguée, l’ARS a renouvelé pour une durée de 5 ans l’autorisation pour le maintien de notre maternité au titre de notre situation géographique particulière. » APM News.
Et pourtant, le nombre d’accouchements est passé de 443 en 2010 à 240 en 2017 et en l’absence de gynécologues-obstétriciens permanents, l’activité de Sarlat est assurée par des praticiens du CH de Périgueux, selon APM News.
Comment ne pas se reporter au rapport de l’IGAS de mars 2012 qui précise notamment : « … il est clair que la fermeture des maternités existant encore à l’heure actuelle en montagne (Exemple Die : 131 accouchements en 2009 […] entraînerait une dégradation de la durée des trajets (largement supérieurs à 45 mn en moyenne) qui rend la fermeture difficilement compatible avec une notion de service public. »
Et d’ajouter qu’il est nécessaire d’ « accorder des dérogations de façon à ce que les gestionnaires disposent d’une visibilité qui leur permette d’assurer une maintenance et des recrutements adaptés ».

Alors, pourquoi ce qui est possible à Sarlat ne le serait-il pas à Die ?

Jean-Pierre RAMBAUD,
Ancien maire de Die, Conseiller général honoraire.