Mon train, j’y tiens, SNCF 100 % public !

mercredi 28 mars 2018
par  PCF Drôme

C’est une atomisation du rail public qui se prépare. Les communistes sont en première ligne dans ce combat. Du Jamais vu ! Transformer la SNCF en société anonyme, faire sauter le verrou du statut de cheminot pour préparer la privatisation, condamner 9000 km de lignes.

Pour justifier cette réforme, le gouvernement macroniste nous explique que la SNCF doit « être plus compétitive » et s’ouvrir à la concurrence. Pourtant, la SNCF ne découvre pas l’ouverture à la concurrence, elle l’a même subie depuis 2006 sur ses activités Fret. Avec quels résultats ! Quand on analyse la situation du Fret ferroviaire aujourd’hui, on mesure le désastre. L’ouverture à la concurrence n’a rien réglé, pire elle a contribué à sa destruction quasi-totale.
Le PCF porte la nécessité d’une véritable politique volontariste de développement du rail public. Pour cela, il est inconcevable que l’Etat ne reprenne pas à sa charge la dette, dette qui n’est que le résultat de choix politiques non assumés depuis les années 80. A ce propos, il est utile de rappeler que le précédent gouvernement, dont Macron était alors ministre, a été le gouvernement de la réforme de 2014 qui devait résoudre tous les dysfonctionnements entre la SNCF et RFF. Manqué ! La réforme du système ferroviaire votée en août 2014 ne répondant pas plus à la question du financement du rail : l’Etat français ne participe qu’à hauteur de 32 % au financement du système ferroviaire contre 90 % en Suède et 50 % en Allemagne.

Le PCF propose de dégager plus de 3 milliards d’euros par an pour la SNCF pour assurer la desserte de tout le territoire. Il suffit pour cela d’utiliser les leviers qui ont fait leur preuve en Île de France : extension de la taxe locale sur les bureaux et la taxe sur les parkings d’hypermarchés à l’ensemble du pays, création d’un versement transport par toutes les entreprises à toutes les régions, mise en place d’une écotaxe poids-lourds et aussi d’utiliser une partie de la création monétaire de la Banque Centrale Européenne, qui pourrait également servir à valoriser un nouveau projet pour le rail afin de respecter les objectifs de la conférence climat, de la sécurité routière et d’un développement durable des territoires.
Pour l’heure, le PCF est pleinement engagé dans la bataille. Les syndicats ont d’ores et déjà réussi à gagner une précieuse et historique unité. Et c’est dans l’unité qu’ils inaugurent une nouvelle forme d’action pour tenir le mouvement dans la durée d’avril à juin avec des grèves hebdomadaires de 2 jours sur 5. Les suites de la journée d’action du 22 mars nous concernent donc toutes et tous.

Après cette mobilisation réussie, Emmanuel Macron fait face aujourd’hui à un test social d’envergure. On verra s’il pourra continuer d’afficher longtemps son arrogant « Je ne sens pas de colère dans le pays ».

Pierre TRAPIER