Vivre et vieillir dans le respect et la dignité

mercredi 14 février 2018
par  PCF Drôme

Des personnes âgées avec une perte d’autonomie importante connaissent en fin de parcours de leur vie, aux seuls motifs économique et financier, un sacrifice délibéré, un scandaleux non-dit.
1,26 million de bénéficiaires en 2016 ont perçu l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie), soit 748 000 à domicile et 517 000 en établissements.
Depuis trop longtemps, la vie de ces retraités est intolérable car leur parole est confisquée comme celle des aidants familiaux ou des personnels des EHPAD.
La prise en charge de la perte d’autonomie, le vieillissement de la population sont des enjeux de société de première importance. C’est de ce fait une vraie question politique mais force est de constater que les gouvernements successifs n’ont pas pris la hauteur des besoins générés par le vieillissement. Relégués à l’écart du système de « production », les retraités malades connaissent un délaissement très difficile à vivre, de même que leurs enfants bien souvent épuisés et au bout du rouleau dans leurs engagements « d’aidants familiaux ».
Dans notre société où les « exclus » tendent à devenir une variable d’ajustement du mode de vie libéral, faute de courage politique pour donner les moyens à la prise en charge de la perte d’autonomie, le choix a été fait, de sacrifier une partie de la population. C’est inacceptable !
Ce constat, fruit de l’austérité, d’une insuffisance de qualification et des effectifs d’aide à la personne met sur la table un enjeu de civilisation majeure. Celui de la prise en charge humaine de la vieillesse et la manière dont la 5ème puissance mondiale traite les personnes les plus fragiles qui ont participé à la solidarité nationale et que l’on condamne à des fins de vie indignes, quand le prix des places dans les EHPAD varie de 1800 € à plus de 3000 € par mois.
Que ce soit pour assurer le maintien à domicile dans les meilleures conditions possibles ou envisager à un moment donné par la force des choses à se résoudre à un placement, tout justifie pourtant d’élargir les prérogatives de la Sécurité sociale pour répondre au défi du vieillissement.
La perte d’autonomie n’est pas un « risque » à abandonner aux appétits de l’assurantiel privé mais fait partie de la vie.
C’est à la solidarité nationale d’assurer à la personne vieillissante, la poursuite de son existence dans la dignité.
Cela doit passer par une prise en charge globale de la personne, quel que soit son âge, financée par la Sécurité sociale, la création d’un grand service public de santé de proximité et de pôles publics départementaux de l’autonomie structurés au plan national pour garantir l’égalité territoriale.

Pierre TRAPIER