HÔPITAL DE DIE Maternité, chirurgie, questions et suite*

jeudi 25 janvier 2018
par  PCF Drôme

Qu’un élu fasse la girouette, nous y étions habitués, mais qu’un ensemble d’élus, maire de Die, président de la communauté des communes et une grande partie de ses vice-présidents, conseillers départementaux le fassent aussi, c’est plus inhabituel. Ce sera la dernière question.
Quelle est la position de ces élus aujourd’hui ? Laissons ici de côté la députée, Célia De Lavergne, simple porte-parole de l’ARS qui a démonétisé sa parole en faisant de fausses promesses et en propageant des mensonges dans la presse.

Lors du long et houleux conseil communautaire du 14 décembre, M. Matheron a fait voté la position du conseil sur le sujet (en évacuant la possibilité de maintenir les services de maternité et de chirurgie) : « vigilant » dans une attitude de « proposition et de construction en côte à côte avec l’ARS ».
Mais lors d’une conférence de presse (JDD 29 décembre 2017), après avoir vraisemblablement découvert que le mur du silence de l’ARS et les arguments du collectif n’étaient pas imaginaires le ton se durcit.
Il se durcit au point d’utiliser des mots très virulent vis à vis de l’ARS (« une petite tyrannie ») avec qui le président souhaite pourtant discuter dans un « comité de pilotage ».
Il souhaite y associer les professionnels de santé publics et privés et des « représentants des citoyens (qu’ils soient usagers de l’hôpital ou citoyens extérieurs) ».

Précisons d’une part que c’est la proposition que nous faisions pour aller discuter avec la ministre de la santé, une délégation forte aurait peut être plus convaincu que des élus qui admettent eux-mêmes ne pas être spécialistes et, d’autre part, qu’il n’y a pas de « citoyens extérieurs ».
Tout citoyen est susceptible d’être usager de l’hôpital et il est en droit de s’intéresser aux politiques de santé qui concernent son lieu de vie. C’est certainement une façon de convier le collectif, sans le nommer, à ce « comité de pilotage » souhaité par M. Matheron.

Il reconnaît effectivement qu’ils ne sont pas « spécialistes » sur l’ensemble des questions soulevées par le collectif. Et les arguments du collectif sont d’ailleurs développés par M. Le président. On s’en félicite.

Mais alors, quelle est votre position ? Faut-il se contenter d’un pis-aller ? De promesses de l’ARS ?
D’un territoire de « gérontologie plus que de naissances » ? Que fera ce comité de pilotage ? (la ministre de la santé en avait promis un en 2015, s’est-il réuni une fois ?).
Faut-il accepter d’être à deux heures de route d’un bloc opératoire et d’une maternité ?
Nous ne pouvons nous y résoudre.

Partout en France, depuis quelques mois, des maternités ferment, dans quasiment le même contexte que le nôtre et avec les mêmes stratégies de l’ARS, sans qu’aucune étude ne soit réalisée : épidémiologie, accès à la santé, conséquences économiques.
Partout l’ARS use d’arguments périmés, élaborés il y a plus de trente ans. Partout les citoyens résistent avec les élus à leurs côtés le plus souvent.
Nous ne participerons pas à un comité de pilotage pour gérer la crise mais pour que l’ARS réponde à nos questions, change de politique et remette en service une offre de soins correspondant aux attentes de la population.

Dans tous les cas, nous continuerons à poser nos questions avec les moyens qui sont les nôtres depuis plus de trente ans, en solidarité avec les territoires ruraux et tous les collectifs de défense.

*Allos du 18/01/2018

Collectif de défense de l’hôpital de Die