Augmentation de la CSG au 1er janvier : qui va payer ?

jeudi 25 janvier 2018
par  PCF Drôme

La CSG augmente de 1,7 % au 1er janvier :
Pour tous les salariés et les travailleurs indépendants. En contrepartie la part salariale des cotisations maladie et chômage (-3,15%) sera supprimée en 2 temps (1er janvier 1er octobre), une baisse des cotisations est prévue pour les indépendants et une prime pour les fonctionnaires. Il en résulte par exemple pour un salarié payé au SMIC un « gain de pouvoir d’achat » de 11 euros par mois !
Pour les retraités dont le revenu fiscal de référence, (pour une personne seule) est supérieur à 14404 euros (environ 1200 euros mensuels). Il en résulte pour eux une perte de pouvoir d’achat au minimum de 20 euros mensuels. 50% des retraités sont concernés..
Pour les revenus du capital, mais cette hausse est sans effet pour les plus gros détenteurs du fait de la mise en place du « Prélèvement Forfaitaire Unique » de 30% qui remplace le système de taxation antérieur qui pouvait aller jusqu’à 60 %.
La suppression de la taxe d’habitation prévue pour les contribuables dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 27000 euros annuels pour une personne seule s’étalera sur 3 ans (-30% en 2018, -65% en 2019, -100 % en 2020) et représentera un gain moyen de 27 euros mensuels. 65% des retraités concernés par la hausse de la CSG devraient pouvoir en bénéficier. Les 35 % restants (soit 18 % des retraités au total) et toutes les personnes dépendantes hébergées en EHPAD (700000 personnes) ne bénéficieront d’aucune compensation !
La hausse de la CSG représente plus de 22 milliards d’euros, les baisses de cotisations 18 milliards d’euros, soit une taxation supplémentaire de 4 milliards d’euros, prise principalement dans la poche des retraités et qui viendra entièrement financer la baisse de l’ISF qui concerne moins de 1 % des contribuables !
Cumulée à la baisse des APL, aux nombreuses hausses prévues au budget 2018 (prix du gaz, du tabac, de l’essence etc.), la réforme fiscale 2018 va profiter aux très riches.
Un document de l’OFCE de janvier 2018 explique en effet que :
- Pour les 5% les plus pauvres, l’impact sera négatif (- 0,6% )
- Pour 70% des ménages au dessus, il sera quasiment nul (+ ou - 0,2 %)
- Pour les 20% de ménages situés juste en dessous des 5% les plus riches, il sera négatif (- 0,8%)
A eux seuls, les 5% les plus aisés, et particulièrement les 2 % les plus riches, capteront 42 % des gains !

Les retraités sont priés par M. Macron de participer à la solidarité générationnelle (sic !) au bénéfice de ceux qui travaillent ! Même si on accepte d’oublier qu’ils (elles) ont acquis un droit en cotisant, on peut légitimement s’étonner que dans le même temps d’autres « rentiers », bien plus riches vont pouvoir bénéficier de baisses substantielles de leur imposition. M. Bruno Le Maire se vante de rendre 400 millions aux 1000 premiers contributeurs d’ISF !
Alors quoi ? Le rôle économique de 14 millions de retraité(e)s serait-il moindre que celui des plus gros bénéficiaires de rentes financières ? Au nom de quelle logique faudrait-il taxer plus ceux qui n’ont que leur retraite pour vivre, aider leurs proches et qui investissent donc la plus grande part de ce qu’ils ont ?

Nicole GRENIER-MERICO