La démocratisation de l’école publique mise en panne…. les réparateurs privés aux aguets !

lundi 15 janvier 2018
par  PCF Drôme

Depuis la naissance de l’enseignement public obligatoire, la pression des mouvements progressistes a conduit (ou plutôt, le plus souvent contraint) les pouvoirs publics à avancer dans la voie de la démocratisation, à savoir, l’accès du plus grand nombre aux plus hauts niveaux de connaissances et de culture.

On a pu même évoquer dans les années 80, la construction d’une « école de la réussite pour tous ». Il serait injuste de nier que des progrès ont été accomplis pour un meilleur accès à un enseignement de qualité, mais force est de constater que depuis 3 décennies, la démocratisation patine et qu’un signal alarmant vient d’être envoyé avec les tirages au sort effectués pour la dernière rentrée universitaire.
La raison essentielle de cette stagnation est à trouver dans le blocage et parfois même la diminution (autour de 7% du PIB) de la dépense éducative. C’est ainsi que les ministres qui se succèdent empilent des réformes (toujours la meilleure) sans lendemain, rarement évaluées et la plupart du temps à moyens constants, voire à moyens diminués en prétendant qu’on peut faire mieux avec moins.

Pas étonnant que devant l’échec, prévisible de la « refondation de l’école », des parents toujours plus nombreux, inquiétés par des évaluations mondiales (genre Pisa, indiquant des baisses de niveau) savamment distillées, puissamment incités par des campagnes publicitaires efficaces, se tournent vers des entreprises de remédiation (dont Acadomia est le fer de lance) ou vers un enseignement privé, dégagé de certaines contraintes promettant contre espèces sonnantes et trébuchantes, la réussite individuelle par un enseignement plus adapté et forcément personnalisé.
Pas besoin d’être fin analyste pour sentir que les appétits de la finance sont considérables dans ce domaine.
Même les familles les plus modestes sont incitées à faire des sacrifices pour placer ses enfants dans la bonne filière.

Dans le même temps, sous la pression patronale, l’école change de valeurs. Elle n’a plus pour objectif de former des citoyens capables de construire un avenir solidaire, de choisir une autre société, mais des individus mis en concurrence pour fournir de la main d’œuvre employable au plus vite par les entreprises du secteur.

2018 doit être l’occasion pour tout le mouvement progressiste de faire un état de l’école et de s’emparer du dossier pour répondre aux défis de demain. Comme pour tous les rapports sociaux, l’école a été et reste un lieu d’affrontement de classe auquel les communistes doivent prendre leur part.

Robert FARESSE