Visite de Netanyahou à Paris : une France spectatrice

jeudi 28 décembre 2017
par  PCF Drôme

C’est au moment où le portait de Netanyahou était brûlé dans plusieurs villes du monde que le premier ministre israélien était invité par Emmanuel Macron.
Le président français a jugé le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem « contraire au droit international ». Mais pas un mot, pour rappeler de manière ferme et publique la condamnation de la France des violations quotidiennes et permanentes du droit international par le gouvernement israélien.
Depuis son arrivée au pouvoir, Netanyahou a accéléré la colonisation israélienne, en violation de la loi internationale, rendant de plus en plus difficile la solution de la crise israélo-palestinienne par la création de deux états.
Les quelques 400 colonies et les routes de contournement qui les rallient entraînent la séparation du territoire palestinien et le déstructurent, s’appropriant l’eau et les terres fertiles.

Voilà le monsieur qui a été invité en France par Emmanuel Macron !

En reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, Donald Trump a pris une décision irresponsable. Netanyahou l’a largement précédé. Il légalise 55 nouvelles colonies dites « sauvages », il démolit méthodiquement les infrastructures palestiniennes, y compris celles financées par l’Union Européenne.
Il prépare une loi fondamentale faisant d’Israël, l’Etat-Nation du peuple juif, faisant des 6 millions de Palestiniens entre mer et Jourdain, des parias étrangers, les cantonnant à quelques territoires enfermés et non viables.

Faute de contrepoids, Netanyahou cherche à poursuivre sa politique du fait accompli. Il se réjouit en particulier d’un changement d’attitude de certains pays arabes qui ont lâché la cause palestinienne pour faire d’Israël un « allié indispensable » dans la lutte « contre les sources d’un islam extrémiste," à savoir l’Iran …Une allusion à la coopération sécuritaire avec l’Arabie saoudite. En décidant du déménagement de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, Trump finalise la décision qui devrait plomber le processus de Paix.

Sauf à être pleinement hypocrite, la France doit aujourd’hui prendre ses responsabilités : elle doit comme 75 pays l’ont fait, reconnaître l’Etat de Palestine et faire savoir à Netanyahou que les violations du droit seront sanctionnées.
Pour arrêter ce nouveau rouleau compresseur qui se met en route, il faut sanctionner l’Etat d’Israël au lieu de lui dérouler le tapis rouge. Ne pas le faire, serait encourager l’Etat colonial d’Israël, à persister dans sa politique de colonisation, d’expulsion des Palestiniens de leurs foyers et de destructions de maisons palestiniennes.

Pour tous les alliés de la Paix, le devoir nous appelle afin de mettre fin à la tragédie des Palestiniens, la plus insolente atteinte aux droits humains et à la plus grande menace de stabilité du monde.
Il est temps pour la France comme pour tous les Etats européens de sortir de l’hypocrisie et de rompre avec celle de l’impunité au bénéfice d’Israël synonyme de lâcheté et d’impuissance politique.

Pierre TRAPIER