Commémoration du 17/10/1961 à Valence

Intervention de Pierre TRAPIER au nom du PCF
mercredi 18 octobre 2017
par  PCF Drôme

Le 17 octobre 1961, la police a réprimé dans le sang, en plein Paris, une manifestation pacifique de dizaines de milliers d’algériens qui réclamaient la fin du couvre-feu, le droit à l’indépendance en Algérie.
La reconnaissance des faits intervenus le 17 octobre 1961 par le Parlement qui a adopté fin 2012 une résolution en ce sens, exige aujourd’hui du gouvernement français, une reconnaissance officielle du crime d’Etat et donc l’ouverture des archives pour que soit enfin établie toute la vérité sur ces évènements.
En ce jour de commémoration où une page honteuse de l’histoire de la République française a été écrite en lettres de sang sur les murs de Paris, j’ai souhaité vous livrer le témoignage d’Henri Malberg, dirigeant communiste, membre du Conseil de Paris de 1965 à 2001, disparu le 13 juillet dernier. C’est un témoignage qui a été publié dans le journal l’Humanité en 2011.
« Le 17 octobre est un massacre rare dans la capitale, une sorte de Commune des travailleurs algériens qui dans leur masse, étaient des ouvriers accourus des banlieues et des quartiers populaires de Paris. On ne peut pas appréhender le 17 octobre, comme si c’était un acte isolé, une tragédie incompréhensible dans ses origines, et sans prendre en compte son avenir. Nous sommes en 1961, la guerre dure depuis 7 ans, la France et les pouvoirs qui se sont succédé ont tous essayé de briser la résistance du peuple algérien ». On a du mal à imaginer précise Henri Malberg « Ces gouvernements qui furent tour à tour centristes, socialistes, gaullistes, et qui ont nié la réalité et l’aspiration du peuple algérien à l’indépendance, et ont cru pouvoir y faire face par la répression. Ils sont accrochés farouchement à ce morceau d’Empire, à ce pays qui comptait 1 million d’Européens sur 10 millions d’habitants. »
Henri Malberg rappelle que « c’est en 1961 que De Gaulle, après avoir tout fait pour gagner la guerre et exiger la capitulation des Algériens, arrive à la conclusion que la France ne pourra pas gagner la guerre et que le principe de l’autodétermination est adopté ». Rappelons nous le contexte, précise Henri, « le 23 avril 1961, le coup de force des généraux d’Alger est brisé par la résistance de De Gaulle et le soutien qu’affirment les communistes à la République, les syndicats, la majorité du peuple et du contingent, qui refusent de suivre les ultras de la guerre. Simultanément naît l’OAS, organisation fasciste, tandis que les négociations se poursuivent avec le gouvernement provisoire de la République algérienne, et qu’un véritable front hostile à la guerre s’est mis en place, comprenant les intellectuels, les syndicats, les communistes, qui s’élargit sans cesse au rythme effréné des manifestations. C’est dans ce contexte de tensions et de violences que survient le 17 octobre, mouvement de révolte des Algériens de métropole qui refusent la chasse au faciès et le statut de citoyen de seconde zone malgré la violence et la répression. C’est ce mouvement que Papon et le gouvernement choisissent de briser, parce qu’il contribue à la recherche d’une solution pacifique en Algérie, en montrant la force des Algériens en France. Le 17 octobre 1961, c’est donc une répression sauvage ». Mais ce n’est pas que cela. C’est aussi précise Henri Malberg, « un moment politique majeur, d’autant plus que dans l’appareil d’Etat une partie des gens qui soutenaient De Gaulle l’ont lâché. Après l’année cruciale de 1961, on s’approche de la semaine cruciale » dit-il « celle qui entoure la manifestation de Charonne en février 1962 ».
Le 17 octobre 1961, précise l’élu parisien « c’est le prélude à ce que j’appelle la semaine décisive, parce que c’est elle qui donne le signal, que cette fois, on va en finir avec cette guerre, et aller vers le droit à l’indépendance du peuple algérien. » L’OAS, qui sent le vent tourner, installera la guerre en France. Sur ce dernier point écrit Henri Malberg « à cette époque, les assassins de l’OAS tuaient tous les soirs. Le 17 octobre, manifeste le sentiment massif de la population et des travailleurs algériens, et il a des conséquences profondes sur l’opinion française malgré les manipulations médiatiques et les mensonges du gouvernement. » Et il poursuit « plusieurs écrivains et historiens ont tenté de dresser un bilan des morts. Ils continuent de diverger. Mais la certitude est qu’il s’agit d’un vrai carnage. »
Aujourd’hui, le bilan des victimes est estimé à près de 300 morts abattus ou noyés dans la Seine. Quant à la responsabilité nous écrit l’élu communiste parisien « Papon a assumé la répression, le Ministre de De Gaulle, Roger Frey a couvert Papon, lequel Papon avait clairement donné carte blanche à ses policiers dans la semaine précédant le massacre en promettant de les couvrir. Il a fait passer cette consigne dans tous les commissariats. » Ce qui est sûr conclut Henri Malberg dans son interview, « c’est que l’instruction est venue du plus haut sommet de l’Etat », on ne déplace pas dit-il « des milliers de policiers sans ordre du pouvoir ».
Voilà, chers amis je tenais à vous livrer des extraits de ce témoignage d’Henri Malberg, en cette commémoration du 17 octobre 1961. Combien de personnes ont disparu dans la nuit du 17 au 18 octobre, tuées sur le macadam parisien ou noyées dans la Seine ? Nul ne le saura jamais si les archives demeurent obstinément muettes. Macron avait annoncé « des actes forts sur cette période de notre histoire » mais reste jusqu’ici silencieux sur le massacre des Algériens. Les courriers qui lui ont été adressés par de nombreux collectifs sont restés lettre morte. Nulle trace non plus dans l’agenda de l’Elysée d’une participation aux commémorations. Et pourtant ce massacre est un crime d’Etat, un épisode de notre histoire absent des manuels d’Histoire.
De nombreuses villes de France, comme à Valence, ont jugé bon de rappeler le rôle de la France. Il aura fallu que de nombreux collectifs d’organisations progressistes appellent à ces rassemblements pacifiques comme aujourd’hui, et cela chaque année, pour se souvenir d’une nuit où les vrais terroristes étaient à rechercher dans les rangs de la police et du gouvernement.
Pierre Trapier


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