Diminution du nombre de Contrats Aidés : les dégâts collatéraux pour les communes et les associations

mardi 22 août 2017
par  PCF Drôme

Pour justifier cette mesure le Premier Ministre et la Ministre du travail avancent deux arguments.
« Dans le secteur privé, ces contrats se substitueraient à des embauches ».
Si cela est vérifié, c’est que l’attribution des dits contrats n’a pas été étudiée ou résultent d’arrangements bien que ne respectant pas les limites et les objectifs de la mesure lors de leur signature. Dans ce cas là, vigilance à ce niveau doit être renforcée pour éviter ces abus.

« Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte contre le chômage, ça se serait vu »
Voilà un discours bien libéral de recherche de résultats à tout prix sans tenir compte du facteur humain.
En effet, l’activité est bien préférable au chômage et permet à des jeunes d’avoir un premier contact dans le monde du travail, et pour les plus âgés de ne pas sombrer dans l’inactivité et le désespoir mais de se sentir « être utiles ». Mais cela ne semble pas être le souci dans une logique purement gestionnaire menée par nos gouvernants.
Le volet formation qui est obligatoire dans ces contrats, quand il est réel, permet aux bénéficiaires d’acquérir des expériences professionnelles ou de passer des concours (en particulier dans les fonctions publiques) et ainsi de poursuivre une activité dès la fin du contrat.
Encore une fois, une décision prise par des technocrates et des politiciens qui ne connaissent pas (ou se moquent) des réalités du terrain.

Pour les communes, les personnels ainsi employés permettent de renforcer les services pour en assurer un fonctionnement répondant aux besoins des administrés sans surcharger de trop la masse salariale comme par exemple :
- Services administratifs dont la charge est grandissante avec de nouvelles tâches comme les cartes d’identités et les passeports sans une aide financière supplémentaire de l’État.
- Services techniques permettant d’assurer un meilleur service de maintenance des locaux et espaces répondant aux normes toujours plus contraignantes.
- Services d’encadrement et de restauration scolaire afin d’améliorer la production des repas et l’encadrement des élèves dans les diverses activités de la journée de l’écolier.
Ajoutée à la baisse des dotations de l’Etat et à la suppression programmée de la taxe d’habitation, ces charges supplémentaires ne pourront être assurées sur les budgets municipaux sans une augmentation substantielle de leur coût aux usagers et donc une réduction de leur pouvoir d’achat, ce qui est en contradiction avec les promesses électorales de Macron.

C’est pour le monde associatif que « sonne le glas ». Déjà touché de plein fouet par la baisse des subventions régionales et départementales mais aussi municipales (liée à la baisse des revenus des communes), c’est maintenant à leurs moyens en personnel que l’on s’attaque.
En effet, la masse salariale étant déjà réduite, l’embauche de personnel supplémentaire ne sera pas possible.
Les contrats aidés permettent d’offrir des services de qualité et variés aux membres et utilisateurs des prestations à des coût abordables.
Dans les domaines du sport, de la culture, de l’aide à la personne et de l’éducation populaire, une disparition à court et moyen terme des offres est à craindre.
Celle-ci engendrera inévitablement de nouvelles inégalités sociales entre ceux qui pourront poursuivre leurs activités dans un secteur privé en payant et ceux qui en seront privés faute de moyen financiers suffisants.

Après la suppression des activités périscolaires gratuites, cette nouvelle mesure privera encore davantage les plus en difficultés à l’accès au sport et à la culture ne leur laissant que l’inactivité et la rue comme terrain pour s’épanouir avec les conséquences que l’on peut imaginer face à ce désœuvrement.
Notre Président a passé ses 100 jours. Force est de constater que la vie des Français n’est pas prise en compte. Plus que jamais, se rassembler, agir pour se défendre, sont à l’ordre du jour de la rentrée sociale.

L’occasion de la riposte vous est donnée le 12 septembre.

Jean-Pierre LOREAU
Président de l’ADECR 26


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