CONVERGENCES pour gagner en 2017

article de l’Humanité du lundi 13 février
lundi 13 février 2017
par  PCF Drôme

« Nous avons réussi à dégager des convergences, pourquoi pas eux ? »

AUDREY LOUSSOUARN ET CLOTILDE MATHIEU (À NANTES)
À Paris et Nantes, des militants et citoyens se sont retrouvés en fin de semaine dernière pour donner de la voix à leurs attentes de rassemblement et se faire entendre de Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Reportage.

LE PROGRAMME, C’EST SUPERFICIEL « C’est une erreur de penser que le programme est le coeur d’une campagne. » Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, dans le JDD d’hier. MARINE LE PEN DRAGUE À DROITE Marine Le Pen a lancé un appel à la rejoindre à l’ancienne plume de Sarkozy, Henri Guaino (LR), et au souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Deux candidats à la présidentielle qu’elle estime « patriotes ». Et d’ajouter que sa majorité, en cas de victoire en 2017, ira « obligatoirement au-delà du FN ».

Au sous-sol d’un bar parisien, ils sont une vingtaine à avoir répondu à l’appel de David Teixeira. Le jeune homme de 21 ans, étudiant en sciences politiques à l’université de Nanterre, n’aurait jamais imaginé que sa tribune, écrite sur un coup de tête et publiée sur Mediapart, aurait de l’écho et que sa pétition lancée sur change.org, « Pour une coalition entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot », réunirait 60 000 signatures. Lui qui ne voulait pas avoir à « choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen » s’est « laissé un peu dépassé par son initiative », sourit Kenza, une amie. Une « initiative » pourtant pas isolée, comme l’a montré celle des collectifs l’Appel des 100, les Jours heureux, Pouvoir citoyen en marche et Utopia la semaine précédente, pour relever les convergences entre les différents candidats de gauche ou encore la multiplication des appels sur le Web.
« Les forces progressistes ont intérêt à s’allier »

Comme beaucoup, ceux qui ont répondu à l’invitation de David, ce jeudi soir, redoutent l’élimination de la gauche du second tour de la présidentielle. « Nous vivons une situation inédite. Les forces progressistes ont intérêt à s’allier. Sinon, nous sommes partis pour vingt ans de libéralisme », lâche Philippe, patron d’une TPE. Dans le lot des participants, des militants, des sympathisants écologistes, mais aussi de simples citoyens de gauche. À l’instar de Kamel, retraité qui a repris une licence à Nanterre. C’est le jeune David, qu’il côtoie sur les bancs de l’université, qui en un sens lui a donné envie de revenir dans le champ politique : « Avec toute cette dispersion, pour la première fois, je n’allais pas voter. J’ai peu d’espoir sur nos capacités à peser dans cette élection. Mais tout peut arriver », dit-il en montrant d’un geste l’assemblée.

Le lendemain soir, mais à plusieurs centaines de kilomètres, les mêmes préoccupations s’expriment. Ils sont une cinquantaine à s’être entassés dans la salle, trop petite, du café Le Baroudeur à Nantes, en LoireAtlantique. Un premier « apéro citoyen », lancé par trois auteurs de BD, Cyril Pedrosa, Annaïg Plassard et Loïc Sécheresse, « pour interpeller les trois candidats de gauche ». Dans l’assistance, nombreux sont les représentants des partis politiques de gauche, espérant « un mouvement citoyen pour nous pousser », dixit le conseiller régional socialiste Éric Thouzeau. « Seul un mouvement citoyen pourra faire bouger les choses, bouger Mélenchon et le PS », confirme une membre de la France insoumise. Des militants du PCF sont également présents, dont leur secrétaire départemental, Aymeric Seassau, qui appelle chacun à « prendre ses responsabilités » tout en réaffirmant la « disponibilité » de son parti à travailler au rassemblement.

À Paris, au fil de discussions, très tournées vers les déceptions liées au quinquennat, la possibilité qu’un candidat PS puisse porter le programme espéré en se détachant de « l’appareil socialiste » interroge. « La politique, c’est très souvent schématique. Là, les institutions sont déroutées, donc c’est le moment de les remettre en question », juge Kenza. « Le tout est de garder le cadre des partis politiques indispensables pour peser, en s’appuyant sur ce type d’initiatives citoyennes », nuance Jean-Alain, un socialiste proche de Gérard Filoche. Quoi qu’il en soit, ici, on s’attaque au programme. À chaque table, sa pile de dossiers. David a pris soin d’y réunir les propositions sur lesquelles peuvent se rejoindre Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. « Avec le collectif 1maispas3, nous remonterons les idées pour les transmettre aux candidats. Ainsi, on espère les pousser à se mettre autour d’une table. Nous avons réussi à dégager, alors que nous ne sommes pas forcément politisés, des convergences, et à nous organiser pour réfléchir ensemble, alors pourquoi pas eux ? On voit qu’il y a une envie chez les électeurs. S’ils n’entendent pas cela pour une question d’ego, c’est stupide », explique David. L’ego n’est cependant pas la seule donnée de l’équation, à en croire les débats aux différentes tables qui s’enflamment sur le revenu universel ­ chacun tentant de trouver un compromis sur ce sujet qui divise ­, ou encore sur le besoin d’une VIe République, sur laquelle les trois candidats se rejoignent mais apportent chacun leurs propres propositions, de l’Assemblée constituante de Mélenchon à la proportionnelle intégrale de Jadot, que ne partage pas Hamon.
« Tout est encore possible pour battre Fillon, Le Pen et Macron ». UN CITOYEN NANTAIS Un apéro citoyen pour un rassemblement des candidats de la gauche, à Paris jeudi soir. Ayoub Benkarroum

À Nantes, en revanche, l’enjeu n’est pas de « proposer un programme », ni même de « trancher » sur « les différentes candidatures à gauche ». Dans cet espace ouvert à tous ceux qui veulent se « rassembler massivement, mobiliser les structures politiques, syndicales et citoyennes pour créer une impulsion », l’objectif affiché est de contraindre les forces progressistes et leurs candidats à « discuter, à se confronter, à définir leurs marges de compromis ». « Les points de convergence sont nombreux et connus », affirme l’un des initiateurs de l’appel. En région parisienne comme en Loire-Atlantique, en fin de soirée, reste l’épineuse question de la suite des événements. « Les élections ne s’arrêtent pas à mai », rappelle-t-on du côté du bar parisien, où beaucoup entrevoient la possibilité de peser sur les législatives à défaut d’y parvenir à la présidentielle. « Le PS a imposé ses investitures avant la victoire de Hamon. Nous devons tout faire pour que la majorité législative soit conforme à la ligne qui sera au pouvoir, celle qui ne veut pas de la loi travail », intervient Jean-Alain, le socialiste. Jean-Claude, militant d’Ensemble !, qui participe à l’Appel des 100, propose un rassemblement plus global pour éviter de « se disperser en initiatives » : « Il nous faut réfléchir à comment cette synergie pourrait fédérer et faire pression pour éviter que chacun reste coincé dans ses dilemmes. L’enjeu, c’est avoir une gauche écologiste au second tour », rappelle-t-il.
« Écoutez-nous, rencontrez-vous »

Le même sentiment d’« urgence » agite les discussions nantaises. « Notre horizon n’est pas 2022 mais 2017 », insiste l’un des intervenants, car « tout est encore possible pour battre Fillon, Le Pen, Macron ». Reste que « la fenêtre de tir est très courte » et que c’est « une course de vitesse ». Pour la majorité de la salle, il n’est pas question d’attendre « une éventuelle manifestation nationale ». Faut-il « multiplier les apéros citoyens » ou « appeler à un rassemblement » ? Au bout d’une heure de débat, la date du jeudi 16 février est retenue pour une mobilisation, avec ce simple slogan : « Écoutez-nous, rencontrez-vous ».


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