Assemblée générale des Nations Unies : Condamnation unanime du blocus imposé par Washington à Cuba

jeudi 10 novembre 2016
par  PCF Drôme

Pour la vingt-cinquième année consécutive, l’assemblée générale des Nations Unies a exprimé sa condamnation du blocus économique, commercial et financier, imposé par Washington à Cuba depuis 54 ans.
A l’origine, ces sanctions ont été décrétées par John Fitzgerald Kennedy en 1962, alors que Cuba venait de mettre fin au régime du dictateur pro américain Batista. Durcie au fil des années, c’est une véritable guerre économique qui est menée contre « la grande île », d’abord au prétexte de lutte contre le communisme, puis sous le masque vertueux des droits de l’homme.
En réalité, ce dispositif d’étranglement de l’île, qui dépendait alors des USA à 73% pour l’import et à 65% pour l’export - principalement le sucre - n’a jamais eu pour but que de provoquer le désenchantement des Cubains afin qu’ils retirent leur soutien à Castro (suivant les propres termes du sous secrétaire d’Etat aux affaires interaméricaines en 1960).

Ce blocus, totalement illégal, a des conséquences graves sur la vie des Cubains.
Pour ne donner qu’un exemple, Washington ne permet pas la vente de médicaments à Cuba, alors que la convention de Genève interdit l’embargo sur les médicaments, même en temps de guerre.
Rappelons que tout récemment, BNP Paribas et le Crédit Agricole ont été condamnés à des amendes de 8,5 et 1,16 milliards de dollars, pour avoir entretenu des relations financières avec Cuba, alors que celles-ci respectaient en tous points la loi française, le droit européen et le droit international.
Ce qui est nouveau c’est que, pour la première fois depuis 1992, année de la présentation initiale par Cuba de la résolution exigeant l’élimination des mesures de rétorsion économique, Washington s’est abstenu au moment du vote, ainsi qu’Israël, alors que ces deux pays rejetaient systématiquement le texte de résolution toutes les années précédentes.
Sur les 193 pays présents lors de la rencontre annuelle, 191 ont donc exhorté les USA à mettre un terme au châtiment infligé à la population cubaine.

La politique menée depuis 54 ans par les USA a certes constitué le principal obstacle au développement de Cuba, mais en faisant cela les USA se sont isolés sur la scène internationale.
Ce vote historique s’inscrit dans la continuité des mesures adoptées par Barack Obama depuis le rétablissement du dialogue avec La Havane, le 17 décembre 2014.
Depuis cette date, la Maison Blanche a procédé à la libération de 3 prisonniers politiques cubains, et a retiré (enfin !) Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.

Mais, si les relations diplomatiques sont rétablies, avec la réouverture d’une ambassade à La Havane, si les vols commerciaux directs ont repris entre les deux pays, si les catégories de citoyens étasuniens autorisés à se rendre à Cuba ont été élargies, il reste que l’essentiel des sanctions économiques perdurent.
Barack Obama avait annoncé en mars 2016 que Cuba pourrait dorénavant utiliser le dollar pour ses transactions internationales. Ce n’est toujours pas le cas, en raison de la crainte des banques internationales d’être sanctionnées par le département du trésor étasunien.

Le gouvernement cubain, tout en saluant le geste d’Obama, a rappelé que les sanctions économiques étaient toujours en vigueur, et qu’il n’y avait pas de famille cubaine ou de secteur dans le pays qui n’ait souffert de leur effet.
Barack Obama dispose pourtant de prérogatives importantes en tant que chef du pouvoir exécutif pour démanteler le réseau de sanctions économiques contre Cuba puisque les domaines relevant d’une décision du Congrès sont relativement restreints, et l’élection de Trump comme Président des Etats-Unis va poser de nouveaux obstacles au processus en cours, même s’il est évident que les petits pas consentis par les USA l’ont toujours été sous la pression de l’opinion internationale..

Les sanctions économiques ont coûté environ 125 milliards à l’économie cubaine. Leur levée est indispensable à la normalisation des relations entre Cuba et les Etats Unis. En ce sens, il faudra également que les Etats Unis consentent à la restitution à Cuba du territoire qu’ils occupent illégalement avec la base navale de Guantanamo, et à l’indemnisation des dommages occasionnés par leur blocus.

Dominique LORMIER