« La Palestine dans tous ses états » : des embûches dressées par la municipalité de Valence

jeudi 28 avril 2016
par  PCF Drôme

Le collectif drômois pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens organise actuellement une semaine intitulée « la Palestine dans tous ses états » au Foyer Laïque de Valensolles, à Valence.
Ce collectif, créé en juillet 2014 lors de l’agression meurtrière de Gaza par l’armée israélienne, regroupe une vingtaine d’organisations, dont le PCF, l’AFPS (association France Palestine solidarité) et ADM (artisans du monde).

Le programme est toutefois moins riche que prévu, en raison des obstacles dressés par la mairie de Valence.
Au cours d’une conférence de presse organisée par le collectif au café associatif « le cause toujours », le 15 avril, les coupes sombres imposées au programme ont été détaillées :
- Faute de salle, pas d’exposition de l’artiste peintre de Gaza, actuellement en résidence à Paris,
- Pas de contes pour les enfants du quartier à la MPT du Plan,
- Salle des Clercs refusée, MPT du Plan refusée, Centre du Patrimoine Arménien : partenariat interdit par les élus de l’Agglomération (présidée par le Maire de Valence, est-il besoin de le préciser ?)

Le maire évoque un subterfuge pour obtenir une salle qui sans cela, dit-il, n’aurait pas été attribuée à l’AFPS, et reproche à celle-ci un « fort caractère d’opinion ».
Le collectif s’oppose vivement à cette distorsion des faits.

ADM a déposé la demande de prêt de la salle des Clercs, le collectif ne pouvant le faire puisqu’il n’est pas constitué en association. Un rendez-vous a ensuite été demandé, par l’AFPS, à M. Daragon, auquel ont participé des représentants de l’AFPS, d’ADM et du comité catholique contre la faim et pour le développement Terre solidaire.
Ces personnes, issues de 3 associations différentes, se sont présentées au maire et ont exposé leur projet.
Ce n’est pas précisément ce qui s’appelle avancer masqués.

Pour habiller la résiliation de la convention (qui, au passage, a été réalisée hors délais) d’un pseudo aspect réglementaire, le maire évoque la suppression par le tribunal, en février 2012, d’une subvention attribuée en 2010 par la Ville de Valence à l’AFPS, sur la base d’une plainte déposée (déjà) par M. Daragon. Motif avancé : absence d’intérêt local de la manifestation subventionnée.
Cette notion d’intérêt local, dans le domaine culturel, reste à démontrer…Et il s’agissait de l’accord d’une subvention, pas du prêt d’une salle !

Que la ville de Valence ait préféré résilier sa convention, plutôt que de proposer un accès payant à la salle des Clercs (ce qui n’aurait posé aucun problème au collectif) n’est que la marque d’une volonté de censure, d’entrave à la liberté d’expression.
Quant à fustiger le « fort caractère d’opinion »…Notre commune s’enorgueillit, à juste titre, de posséder un Centre du Patrimoine Arménien s’appuyant sur l’expérience des réfugiés arméniens en France pour explorer, entre autres, les questions relatives aux migrations, à l’exil, aux conflits contemporains et à leur dimension géopolitique (site de la communauté d’Agglo). Ne s’agit-il pas de la manifestation d’une opinion marquée ?
Il suffit, pour s’en convaincre, de constater avec quel acharnement la Turquie d’Erdogan refuse de reconnaître sa responsabilité dans l’organisation du génocide de 1915…

L’AFPS, qui revendique son droit à avoir des positions politiques (jusqu’à présent, ce n’était pas un délit) a toujours agi à visage découvert, alors que les arguties avancées par la municipalité n’ont qu’un but : masquer le fond de sa position, son opposition à la cause palestienne.

Le collectif, qui se prononce pour le respect du droit international, réaffirme qu’il n’y aura de paix durable que si les intérêts des DEUX peuples sont reconnus.
Cela implique la mobilisation des organisations œuvrant pour la solidarité avec la Palestine, ainsi que pour le respect des Droits de l’Homme.
Plein succès à la « Palestine dans tous ses états ».

Dominique LORMIER