Pour une nouvelle ère des services publics !

jeudi 25 février 2016
par  Jean Marc DURAND

C’est ouvertement depuis 1989 avec l’annonce par Michel ROCARD du plan de modernisation de la Fonction publique, qu’a été lancée une vaste opération de démantèlement des services publics et de la Fonction publique.

Ainsi, tour à tour, PTT, SNCF, EDF/GDF, les régies locales de l’eau et de l’assainissement, les services financiers publics comme la CDC (Caisse des dépôts et consignations) ou le Crédit coopératif ont subi les assauts des choix libéraux.

Dans le même mouvement, les trois versants de la fonction publique : Etat, Hospitalière et Territoriale ont connu des sorts similaires. Chacun a connu son propre plan de restructuration : RGPP (révision générale des politiques publiques) puis MAP (modernisation de l’action publique) pour le 1er, Loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoire) pour le 2ème et Réate (réorganisation de l’administration territoriale de l’Etat) pour le 3ème.
Partout et toujours, l’objectif est la réduction de la dépense publique pour satisfaire au 3 % de déficit public au sens Maastrichtien du terme.
Dans les faits, ce sont les personnels qui font les frais de ces processus régressifs. Non remplacement d’un départ à la retraite sur 2, recours massif aux non titulaires, point d’indice FP gelé depuis juin 2010, grille indiciaire bloquée et avancements au mérite, promotions et recrutements au point mort, casse du statut.
Mais la déstructuration des services et de la Fonction publique se traduit aussi par un basculement massif de missions publiques vers le privé ou sans atteindre cette extrémité, par l’introduction de critères de gestion privés conduisant à substituer à l’obligation de moyens une obligation de résultats (il faut comprendre de rentabilité).

Missions fragilisées et personnels précarisés produisent une offre de service public réduite. Le maillage du territoire se rétrécit : services fermés ou concentrés (lignes SNCF, hôpitaux, trésoreries et recettes des impôts).
Face à la pénurie de personnels qui dégrade les conditions d’information et d’accueil du public, les files d’attente s’allongent partout et les serveurs vocaux exaspèrent.
Il est urgent de passer à une nouvelle ère des services publics et de la Fonction publique faite d’expansion, de démocratisation (conseil de services avec des représentants des personnels, des directions et des citoyens), de réforme des organismes de représentation et de défense : CAP (commission administrative paritaire) et CT (comité technique), de reconnaissance des qualifications (reconstruction des carrières) et de sécurisation (nouveaux statuts).
Une issue positive à la crise exige une relance de la demande en même temps qu’une nouvelle efficacité de la croissance à partir de critères sociaux et environnementaux permettant le développement de tous les potentiels humains.

Les services publics et les dépenses qu’ils engendrent ont cette double capacité.
Ils sont en effet le moyen d’une autre utilisation du produit de la richesse créée et du crédit bancaire pour des investissements utiles au développement humain, eux-mêmes fondements d’un autre modèle de développement de la société permettant à tous, une égalité d’accès et de traitement.

C’est dire combien agir pour les services publics et la Fonction publique, leur remise en état (éducation, santé transports…) et des créations nouvelles (environnement, aides à la personne etc…) est intrinsèquement lié à une perspective crédible et radicale de dépassement réussi de la crise du système que nous traversons.

Jean-Marc DURAND