D’une arrogance à l’autre

samedi 21 juillet 2018

L’éditorial de Laurent Mouloud. Finalement, l’un ne va pas sans l’autre.

Finalement, l’un ne va pas sans l’autre. Les explications livrées hier par Alexandre Benalla au journal le Monde en disent autant sur la morgue de l’ex-collaborateur licencié que sur l’irresponsabilité d’Emmanuel Macron, qui continue, vaille que vaille, de lui témoigner haut et fort sa « confiance ». Au fond, on retrouve dans les mots d’Alexandre Benalla le même ton bravache et provocateur que celui employé par le chef de l’État lors de son discours, mardi soir, devant les députés de LaREM.

Le premier, tout à ses explications vaseuses sur son rôle dans la manifestation du 1er Mai, ne comprend même pas qu’on puisse lui reprocher sa brutalité. « Si je n’étais pas collaborateur de l’Élysée, je referais la même chose », ose-t-il. Le second, dans une harangue à ses troupes, n’hésite pas à railler les contre-pouvoirs républicains, du Parlement à la presse. Avant de lancer à l’attention d’un Benalla poursuivi pour violences aggravées : « Je suis fier de l’avoir embauché à l’Élysée ! » D’une arrogance à l’autre, nous voici face à deux personnages unis par un même sentiment de toute-puissance. Et une prétention bien mal placée.

À l’évidence, ces discours en miroir sur le mode « je n’ai de comptes à rendre à personne » devraient alerter sur la dérive monarchique qu’Emmanuel Macron n’hésite pas à imprimer à son quinquennat. Mais également sur le degré de violence jugée « légitime » que l’exécutif est prêt à laisser s’exprimer pour imposer ses vues. Le Défenseur des droits l’a évoqué avec brio mercredi, devant la commission d’enquête parlementaire du Sénat. Au-delà du dérapage musclé de Benalla, Jacques Toubon pointe surtout le contexte de brutalité policière dans lequel il a eu lieu. Et la nécessaire réflexion à mener sur une doctrine du maintien de l’ordre plus respectueuse des libertés publiques, à commencer par celle de manifester.

Une suggestion, sait-on jamais, qu’Emmanuel Macron serait bien inspiré de prendre au vol, plutôt que de s’enferrer et de défendre coûte que coûte ses affidés autant que ses intérêts.

Par Laurent Mouloud


libre ! cliquez ici


Brèves

10 juillet - Tsipras ou not Tsipras ?

Mélenchon : "Tsipras est l’une des figures les plus minables de la vie politique européenne" (...)

13 juin - Le naufrage de l’Europe forteresse

Edito de l’HUMA du 13 mai . Lire ici

12 juin - Réfugiés / Aquarius

Réfugiés/Aquarius : "Face à la dérive italienne, l’UE au pied du mur" (Ian Brossat - PCF)
Par la (...)

9 juin - ITALIE de tous les dangers

lire ici

27 mai - 3 mois de plus pour SALAH HAMOURI ?

lire ici

22 mai - Budget WAUQUIEZ retoqué

Le tribunal administratif de Lyon a annulé une délibération d’avril 2016, qui allouait notamment (...)

19 mai - JF TEALDI sur le service public de TV

Pour faire 3 heures de diffusion en direct sur le mariage d’un sous prince d’Angleterre, le (...)

16 mai - La fille du minstre Ambroise CROIZAT est décédée

Liliane Caillaud-Croizat est décédée. Jeune enfant pendant l’Occupation et la répression des (...)

15 mai - Compteur linky / réseau intelligent et ENR

Amar Bellal de la revue Progressistes
J’observe la quasi hystérie autour des compteurs Linky. Ce (...)

13 mai - Pas de TV pour le PCF. La censure.

Le PCF interdit d’Émission Politique sur France 2, ça suffit !
Le 17 mai, l’Émission Politique de (...)

6 mai - Après le vote chez AIR FRANCE

Je salue le courage des salariés d’Air France qui malgré toutes les pressions ont dit non au (...)

29 avril - Mireiile CLAPOT chausse ses gros sabots

Quels points communs y-a-t-il entre un(e) migrant(e) qui traverse des déserts, des montagnes et (...)