REPRESSION EN TURQUIE ET PETITION D’UNIVERSITAIRES POUR LA PAIX EN TURQUIE

jeudi 28 janvier 2016
par  PCF Drôme

Une étudiante française résidant en Turquie nous informe :

« Suite à l’appel et à la pétition ci-dessous, dans laquelle 1128 professeurs d’université affirment qu’ils n’acceptent pas de se rendre complices du massacre en cours contre les Kurdes, le Président Erdogan, dans son discours post attentat de Sultanahmet (mardi 19/01), les a accusés de propagande séparatiste, et a demandé au Conseil de l’Enseignement Supérieur de « faire le nécessaire »
Il s’en est pris aussi à Chomsky qui est aussi signataire de la pétition.
Dans son discours tenu à la suite de l’attentat du 12 janvier 2016, commis dans le centre historique d’Istanbul par l’Etat islamique, le président turc a consacré quatre fois plus de temps à menacer nos collègues qu’à dénoncer le danger que représente le terrorisme islamiste en Turquie, révélant ainsi clairement où résident les priorités du gouvernement en matière de sécurité nationale et montrant qu’il ne toléra aucune expression d’opinions divergentes.
Par la suite, une campagne de lynchage a commencé contre ces académicien-ne-s dans la presse et dans l’opinion publique. Un ancien chef de la mafia qui soutient maintenant l’AKP les a menacés en disant "Votre sang va couler et nous prendrons notre douche avec votre sang". Ce qui fait aussi craindre des attaques physiques. (rappelons que ce même chef de mafia, juste avant l’attentat d’Ankara, avait dit dans un meeting de soutien à l’AKP : "Le sang va couler à flots".)
Suite à ces déclarations d’Erdogan, des dizaines d’enseignants chercheur-se-s ont été démis de leurs fonctions (9 à l’université Arel et d’autres ailleurs), ou font l’objet de poursuites disciplinaires, 21 universitaires de l’université de Kocaeli et 4 de l’université de Bolu ont été placés en garde à vue lors de perquisitions à leurs domiciles.
Les directions de dizaines d’université ont publié des déclarations qui considèrent cette pétition comme " inacceptable", " une trahison" voire de la "propagande terroriste" pour certaines et annoncent qu’elles vont engager des poursuites contre les académiciens qui ont signé la pétition.
Le nombre de gardes à vue, destitutions et poursuites va donc probablement augmenter. »

La pétition a, à ce jour, dépassé les 2000 signataires.
Par ailleurs, journalistes, écrivains, artistes ont également annoncé leur soutien à la pétition.

Un appel au secours a aussi été lancé par le GIT (Groupe International de Travail) : http://www.gitfrance.fr/2016/01/1100-enseignants-chercheurs-en-danger-en-turquie.html