NOUS DEVONS CONSTRUIRE NOTRE AVENIR INDUSTRIEL

jeudi 26 novembre 2015
par  PCF Drôme

La Drôme est un département industriel

Notre département compte plus d’emplois industriels que la moyenne nationale, et un actif sur quatre se déclare ouvrier. Malgré les nombreuses fermetures et délocalisations d’usines, nous avons toujours un tissu important de PMEs et de grandes entreprises qui font souvent référence jusqu’aux échelles nationales et internationales.
Cette industrie remonte à l’époque des premières fabriques textiles, c’est notre patrimoine et c’est notre avenir.

Pourtant, nos boîtes ne cessent d’être pressurisées, restructurées, vendues à la découpe pour finir par fermer. Les activités ne disparaissent pas – elles sont utiles ! – mais elles partent où les financiers considèrent qu’ils peuvent en tirer plus de fric.
C’est le cas en ce moment même autour de nous pour des boîtes comme STV, KDI-Merlin, Reyes-Verdol, Prosegur, Areva, FBFC, et sans parler des menaces qui pèsent sur Thales. Chaque fois ce sont des drames personnels et familiaux, mais aussi une catastrophe pour notre économie dans son ensemble.

L’intelligence est ici, mais les décisions sont prises ailleurs

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’industrie Drômoise est composée d’entreprises de sous-traitance ou de filiales de grands groupes nationaux ou internationaux. Nos emplois, notre travail, sont soumis à des décisions prises ailleurs, dans les bureaux aseptisés des grandes capitales de la finance.

Ils décident hors sol, loin de toute réalité et nous n’aurions qu’à espérer au mieux un chèque d’indemnité, quand ils ferment ce qui nous fait vivre. Nous avons autrefois coupé la tête d’un roi pour pouvoir dire « un homme, une voix », mais chaque matin en arrivant au travail, nous sommes priés d’oublier notre histoire.

Heureusement, tous n’oublient pas, et il en est qui se battent. De nombreux salariés – particulièrement là où ils ont des syndicats combattifs – luttent pour des choix alternatifs.Pas arc-boutés sur la seule défense des acquis comme on le leur a souvent reproché, ils sont conscients du fait que face à la finance rapace et au management déshumanisé, ils sont les seuls porteurs d’avenir, et ils proposent des solutions de maintien et de développement des potentiels industriels.

Cela passe par des reprises en SCOP comme pour CERALEP, qui depuis plus de 10 ans produit du matériel électrique à Saint-Vallier dans un cadre démocratique, social et solidaire. C’est le cas des Fralib, qui après 1336 jours de lutte sont en train de faire renaître le tilleul des Baronnies.

Cela passe aussi bien sûr par l’investissement dans le progrès technique et les nouvelles voies qui permettent aux entreprises de répondre aux besoins sociaux et aux grands défis de notre époque, au défi écologique en premier lieu.

Les actionnaires ne s’en soucient que si cela peut rapporter à court terme, mais les salariés en lutte eux, ont toujours des idées et propositions dans ce sens.

Cela passe enfin par le soin de nos appareils industriels à l’opposé de ce qui se passe par exemple dans les filières bois ou agro-alimentaire de notre territoire, où l’on se casse souvent tellement le dos sur des machines obsolètes que même s’ils proposaient des emplois moins précaires et mal payés personne ne voudrait y rester.

Tout est politique, et surtout l’industrie !

Il faut marcher sur nos deux jambes. Les luttes dans les boîtes doivent pouvoir s’appuyer sur des luttes politiques. Ne serait-ce que parce que pour que nous obtenions le droit de donner notre avis dans les boîtes, directement et via nos délégués et syndicats, nous avons besoin de changements dans les lois.
Mais aussi parce qu’une entreprise industrielle n’a d’avenir que si elle s’appuie sur des politiques publiques nationales et locales pertinentes. Pas de celles qui n’ont d’obsession que de « baisser les charges » pour donner plus de fric aux actionnaires, mais de celles qui permettent d’avoir des transports et des communications qui marchent bien, une énergie fiable et pas trop chère, des jeunes et des moins jeunes bien formés – y compris tout au long de leur vie professionnelle, des commandes publiques qui demandent de bonnes productions de qualité. De celles aussi qui imposent de gaspiller moins d’énergie, d’eau et de matière, de polluer moins, d’améliorer les conditions de travail et de faire de meilleurs produits, et qui se donnent les moyens de contrôler ce qui se passe dans les boîtes. De celles enfin qui pensent à long terme le type d’activité que nous devons avoir sur notre territoire.

Aux Régionales des 6 et 13 décembre, l’Humain d’Abord

Les Régions vont maintenant avoir un rôle majeur dans le développement économique et industriel de leur territoire. Les communistes ne l’ont pas voulu, convaincus que le désengagement de l’Etat ne pouvait que donner plus de pouvoir aux forces d’argent. Mais puisqu’ils l’ont décidé alors nous devons veiller à envoyer à Lyon des conseillers régionaux qui ont bien conscience de ces enjeux et sauront agir pour déployer une politique industrielle ambitieuse pour la région, qui parte des besoins et des savoir-faire, des femmes et hommes de notre région et travailleront à construire des chaînes industrielles plus complètes pour rendre notre territoire moins dépendant de la finance mondialisée. Des élus combattifs qui sauront par exemple demander fermement des comptes aux banques de notre territoire pour lever le verrou de l’argent qui trop souvent tue aveuglément même les meilleurs projets industriels.

Les élus de la liste l’Humain d’Abord portent cette ambition et ce combat. Beaucoup d’entre eux sont des travailleurs de l’industrie, et tous ont à cœur de jouer de tous les leviers pour que notre territoire garde sa vocation industrielle, offre durablement des réponses aux besoins humains, respecte le travail et la santé de tous et permette à chacun d’avoir son mot à dire sur le devenir de son activité, de sa boîte, de son territoire.

Sébastien ELKA