Réflexions à propos du Lyon Turin

lundi 23 novembre 2015
par  PCF Drôme

Précisions sur le « pharaonisme » des choses

Secrétaire général de la CGT Transports (et tête de la liste « L’Humain d’abord » en Savoie), Antoine Fatiga a tenu à réagir à l’émission de France 3 « Pièces à conviction » sur le Lyon Turin.
Partiale et visiblement sollicitée par des ’No Tav, l’émission évoque le coût « pharaonique » du Lyon Turin. Antoine FATIGA évoque alors d’autres coûts, véritablement pharaoniques, ceux- là.
Il en est ainsi du coût de la pollution (100 milliards d’euros par an dus essentiellement au routier), des coûts externes des transports 50 milliards d’euros par an), des cadeaux aux entreprises (50 milliards d’euros par an) ou de la fraude fiscale (estimée à 80 milliards d’euros par an).
A côté de ces sommes réellement lourdes, le coût du Lyon Turin (hors dépassements éventuels) n’est que de 26 milliards d’euros (tout compris). Et, comme le précise Jean-Marc Roman, « cette somme se répartira sur 10 à 15 ans », ce qui donne un coût annuel parfaitement supportable (Rapporté aux 1000 milliards créés par la Banque européenne, honnêtement, c’est une goutte d’eau). Laissons donc de côté des adjectifs polémiques qui n’ont pour but que de décrédibiliser le projet.

Ne faisons pas porter au Lyon Turin les tares du capitalisme

Comme l’écrit Jean-Marc Roman, « le Lyon Turin, c’est d’abord un outil, et, comme tout outil, il sera ce que les politiques en feront. Ce n’est pas le Lyon Turin qui crée les emplois de travailleurs détachés, c’est le capitalisme. Ce n’est pas le Lyon Turin qui balade les marchandises aux quatre coins de l’Europe, c’est la recherche du profit maximum. Avec ou sans le Lyon Turin, l’exploitation des hommes et le gaspillage continueront (...) Comme tout outil, le Lyon Turin créera de nouveaux comportements. Sans pouvoir tous les prédire, citons néanmoins le rapprochement entre Lyon, Chambéry et Turin, ce qui est une bonne chose, et une autre conception des déplacements en Maurienne ».

Ce que nous voulons faire avec le Lyon Turin

Nous voulons d’abord diminuer la pollution et le transport routier des marchandises. L’utilisation des containers doit redonner toute sa place au rail pour les longues distances. Nous voulons ouvrir l’Italie au réseau européen du rail à grande vitesse, diminuant ainsi l’utilisation de l’avion.
Le Lyon Turin permettra de moderniser la ligne historique et de lui redonner un rôle dans le transport des travailleurs, ce qui implique d’obtenir la réouverture de plusieurs gares.
Dans le même temps, il est indispensable d’agir pour réduire les volumes transportés, en imposant les productions délocalisées et en instaurant une taxe kilométrique pour réduire les transports évitables. Les gains ainsi récupérés pourraient financer une nouvelle politique des transports.

Les faiblesses criantes du « projet » Ibanez

Deuxième sur la liste régionale EELV-PG, Daniel Ibanez ne se lance dans la bataille que pour faire échouer le projet Lyon Turin. Il en a le droit. Mais nous avons le devoir de dénoncer les inexactitudes contenues dans ses propos.
Interviewé par Le Monde (ça ne risque pas de nous arriver...), il affirme possible de faire passer 100 trains supplémentaires par jour sur la ligne actuelle, soit un train toutes les 12 minutes. Évidemment, cela créerait une pollution sonore considérable pour les Mauriennais, cela ferait courir des risques écologiques considérables au lac du Bourget. Cela rendrait impossible toute augmentation de la circulation des TER en Maurienne et l’entretien des voies deviendrait impossible !
Et puis, contrairement au Lyon Turin, cette « solution » alternative n’est pas chiffrée : combien coûteraient la sécurisation du lac du Bourget, le doublement inévitable du tunnel du mont Cenis, la sécurisation du goulet entre St Michel et Modane, etc ?
Ne serait-ce pas... « pharaonique » ?
Enfin, la ligne historique est saturée avec 10 millions de tonnes, on l’a constaté en 2 000, alors que le report modal doit concerner de 40 à 50 millions de tonnes.
Le Lyon Turin est donc toujours la bonne solution.