Conférence climat COP 21 : un sommet pour changer de cap !

jeudi 19 novembre 2015
par  PCF Drôme

A Paris, à partir du 30 novembre, des négociations vont réunir les représentants de 195 pays avec, en ligne de mire, un accord qui engagerait tous les participants à contenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2°C.
Plusieurs questions déterminantes remettent en cause le schéma de fonctionnement actuel de nos sociétés. Depuis 50 ans, la croissance de la production est liée à la consommation d’énergie, à plus de 80% fossile, ce qui entraîne des conséquences climatiques néfastes.
La planète a des ressources limitées. La question du partage se pose, ainsi que la répartition des efforts à effectuer, qui ne peuvent pas être les mêmes selon le degré de développement des pays concernés.
Les besoins ne sont pas les mêmes partout : si dans les pays industrialisés, certains « besoins » sont façonnés par le matraquage publicitaire et l’obsolescence programmée posant la consommation comme modèle de société, il reste que les ¾ de la population mondiale a des difficultés matérielles à vivre, et que la pauvreté est présente y compris en France.

Comment répondre aux besoins tout en réduisant le recours aux énergies fossiles ?

Il faut en finir avec la toute puissance des forces de l’argent, dont la soif de profits immédiats contribue à détruire notre environnement. Voir les derniers exemples en date :
En France, la loi Macron qui, au prétexte de stimuler la croissance, autorise des autocars à venir concurrencer le trafic ferroviaire SNCF, grandes lignes et trajets régionaux interurbains. Résultats à prévoir : plus d’autocars sur les routes –bonjour la sécurité routière !- manque à gagner pour la SNCF, hausse de l’émission des gaz à effet de serre (GES)
Les méga fermes où les vaches ne vont plus au pré, alors que les prairies sont de formidables capteurs de carbone, importation de soja pour alimenter les troupeaux…
En Indonésie, feux volontaires et illégaux pour récupérer des terres afin de planter des palmiers à huile, entraînant l’évacuation de milliers de mères avec leurs bébés, l’air étant irrespirable…Et l’affaire des gaz polluants touchant quelques célèbres constructeurs automobiles : en réponse, Bruxelles consent, sur les normes actuelles, un seuil de tolérance de 110% jusqu’en 2020, et une marge d’erreur de 50% ensuite !

Dans ce domaine comme dans bien d’autres, la société civile doit faire entendre sa voix pour que les choix retenus soient à la hauteur des exigences.
En septembre, à Paris, le sommet international des syndicats sur le climat a appelé à une mobilisation des citoyens durant la COP 21. Les salariés doivent obtenir de nouveaux droits de regard et d’accès aux informations au sein de leurs entreprises, la transition écologique doit pouvoir être discutée et définie suffisamment en amont pour être créatrice d’emplois.

En France, il faut une autre politique d’aménagement des territoires : aujourd’hui, l’emploi est concentré dans les grandes agglomérations alors que la France rurale se vide.
Plutôt que de faire continuellement des cadeaux aux grands patrons qui ne créent pas d’emplois, il faut utiliser l’argent à l’isolation des bâtiments, à la construction économe en énergie, entretenir les forêts qui captent 20% du carbone émis par les activités économiques du pays tout en les exploitant de manière durable, développer l’économie circulaire, l’agroforesterie et l’agro écologie… Liste non exhaustive !

Mais surtout il convient d’investir massivement dans la recherche, afin de trouver des alternatives aux énergies fossiles à l’horizon 2060, les technologies dont nous disposons actuellement ne suffisant pas pour couvrir les besoins.

Notre planète ne nous appartient pas, elle appartient aux générations futures, alors prenons de bonnes décisions aujourd’hui !

Virgile SCHERER—Dominique LORMIER