17 octobre 1961

jeudi 22 octobre 2015
par  PCF Drôme

Les Algériens vivant en France manifestaient contre le couvre-feu qu’on leur imposait. Manifestation pacifique, sauvagement réprimée par la police du préfet Papon….
Des cadavres furent repêchés dans la Seine, dans le Rhône…
3 jours plus tard des femmes algériennes et leurs enfants défilaient pour protester contre ce massacre…. Silence.
En 2012, ces évènements ont été qualifiés, par le Président de la République et le Sénat de « tragiques évènements » et « répression sanglante », (c’est un premier pas) mais pas de « crime d’Etat ».

17 Octobre 2015 :

Comme depuis plusieurs années, un rassemblement était organisé à Valence à l’appel d’organisations associatives, politiques et syndicales (cf les Allos de la semaine dernière).
Place Porte Neuve de nombreux passants (jeunes et moins jeunes) se sont arrêtés, quelquefois longuement, pour discuter, lire la reproduction en grand du tract d’appel.

Beaucoup de discussions aussi lors des diffusions de l’appel, avec quelquefois la question :

« Pourquoi reparler de tout ça ? »

- Parce que les non-dits empoisonnent toujours notre vie.
- Parce que les conséquences de la colonisation et de la guerre d’Algérie sont toujours dans nos têtes.
- Parce que les enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants des Algériens venus vivre en France sont toujours désignés comme immigrés (même si on y ajoute de la 2ème ou 3ème génération), bien qu’ils soient tous français.
- Parce que ceux qui ont lutté pour l’indépendance de leur pays et qui sont restés en France n’ont pas ou peu raconté, même dans leurs familles.
- Parce que ceux qui ont été « jeunes du contingent », ceux que les gouvernements successifs ont envoyé faire « la sale guerre », sont peu nombreux à avoir parlé.

On leur a dit à tous la même chose qu’aux rescapés des camps concentration 25 ans avant : « Allez, oublie tout ça, c’est fini. » Ils ont aujourd’hui plus de 70 ans. Il faut qu’ils parlent, qu’ils écrivent, il est grand temps, même un petit peu.
Ca leur fera du bien à eux, ça nous fera du bien à tous. Et c’est aussi avec leurs témoignages que se fait l’histoire.

Mémoire, vous avez dit mémoire ?
La mémoire, c’est comme la poussière qu’on glisse sous le tapis, ça ne fait pas le ménage !!!

Françoise SZYNKMAN

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