NOTRE DEVOIR D’HUMANITE

jeudi 1er octobre 2015
par  Pierre TRAPIER

Ah, la fameuse liberté de circulation des marchandises et des capitaux ! Mais point pour les êtres humains ! Pourtant le droit d’asile est un droit universel, inscrit dans les conventions internationales. Continuateurs des révolutionnaires de 1793, nous lui restons fidèles en proclamant que « Le peuple français est l’ami et l’allié naturel des peuples libres. Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour cause de la liberté, il le refuse aux tyrans ».

Depuis la fin du XVIII siècle, notre main s’est successivement tendue, entre autres, aux 150000 juifs russes, aux 700000 espagnols fuyant le franquisme, aux 170000 vietnamiens ou encore aux dizaines de milliers d’arméniens... Agir pour que les consciences s’en inspirent est un devoir d’ humanité. L’Humain d’abord, comme nous le proclamons.

Croire que l’on pourrait être heureux ici, dans les océans de malheurs est un leurre. Désormais, nous devons faire monde commun et avoir le courage de s’attaquer aux racines des maux du monde, à la loi de la jungle de l’argent roi, aux divisions et concurrences organisées au service de l’ordre capitaliste marchand, au commerce des armes de destruction massive et aux guerres. Toutes nos forces devraient être mises au service de l’humanité commune, de la santé à l’éducation, de la souveraineté alimentaire à la satisfaction de tous les besoins et à la préservation de la planète.

Alors, la politique devrait conduire d’abord à garantir la survie et la vie de chaque migrant réfugié. Pour cela, il est urgent de sécuriser les couloirs d’accès et d’entrée sur le continent et d’accueillir les réfugiés.

Regarder dans le téléviseur, en mangeant son plat de pâtes, ces enfants, ces hommes et ces femmes, être bastonnés ou qui se noient, sans même sourciller est indécent .... Oui, la France et l’Europe ont les moyens d’accueillir des réfugiés et ceux qui prétendent le contraire, sont dans le mensonge. Et contrairement à ce qui se dit parfois, ce n’est pas l’accueil de l’autre, des « étrangers et nos frères pourtant » qui fera progresser l’extrême droite et ses idées, mais bien le manque de courage, l’inaction, la pagaille et le reniement des belles valeurs humaines et progressistes.

« Quel que soit l’être de chair et de sang qui vient à la vie, s’il a figure d’homme, il porte en lui le droit humain », disait Jean Jaurès.
Nous y restons fidèles, à nous de ne pas nous aligner sur la conscience « moyenne », chloroformée, anesthésiée....
Soyons fidèles à la fraternité humaine, à notre devoir d’humanité .

Pierre TRAPIER