C’est un coup d’ Etat financier !

jeudi 16 juillet 2015
par  PCF Drôme

Les Grecs pourraient ils tous se couper un bras ou une jambe, que cela ne suffirait pas. « Notre confiance vis à vis du gouvernement grec a disparu » Un code pour dire : « Nous allons faire payer à Tsipras son référendum et le peuple grec qui nous a infligé une gifle, va sentir le vent du boulet  » …

C’est avec un revolver posé sur la tempe et un couteau sous la gorge qu’Alexis Tsipras a signé un accord pour tenter de sortir son pays du désastre. Angela Merkel voulait depuis le début le Grexit, et ne l’obtenant pas, les Allemands ont puni le peuple grec. Quelle légitimité peut avoir une décision obtenue sous la menace qui abroge le choix d’un peuple ?

Le peuple grec avait subi en 1967, le putsch des colonels, aujourd’hui c’est bien un coup d’État financier qui a été orchestré, à coups d’étranglement financier et de chantage .

Brutalité inouïe, qui au bout du compte, compromet une nouvelle fois et sans vergogne les dirigeants français qui viennent d’offrir leurs services à Bruxelles, au nom de la défense d’ un « avenir démocratique » pour l’Europe. Quelle hypocrisie ! D’autres États comme les Finlandais, ont joué leur carte interne pour ménager leur extrême droite au gouvernement.

Le maintien de la Grèce dans l’euro, que souhaitaient le peuple grec et son gouvernement, est aujourd’hui concédé au prix de la négation de toute souveraineté. Ce traitement de type colonial en dit long sur la détermination de Berlin à vouloir imposer l’hégémonie des marchés financiers à tous les peuples d’Europe.

Cette violence glacée des tenants de la loi du fric ne vise pas seulement les ouvriers du Pirée, les étudiants d’ Athènes et tout le peuple grec. Elle cible par ricochets les cheminots allemands et les manifestations britanniques contre l’austérité, les jeunes Espagnols indignés, les progressistes français et les métallurgistes belges, afin de décourager l’espoir d’une Europe de la solidarité et d’une démocratie accomplie.

Nul doute que les pourfendeurs de la souveraineté populaire sont impatients de refermer cette parenthèse grecque mais un bras de fer de longue durée ne vient-il pas de s’ouvrir ?

Virgile SCHERER
Membre du Conseil Départemental du PCF