LA FRANCE DOIT DEFENDRE L’EXIGENCE DE JUSTICE DES GRECS !

jeudi 9 juillet 2015
par  Pierre TRAPIER

Ainsi, la réplique à la faillite orchestrée par Bruxelles est venue du peuple. La Grèce a décidé de ne pas vivre sous occupation des créanciers .
Ce nouvel acte de résistance à l’ordre libéral est une défaite amère pour la cohorte qui défile derrière Angela Merkel, dont l’intransigeance prend la forme de la « Marktkonform Démocratie », une dictature financière toute acquise au capitalisme allemand, dictée par les banques et dont elle a théorisé le modèle. L’attitude du gouvernement français est, jusqu’à ce jour, honteuse. Comme l’a déclaré une députée grecque dans les colonnes de l’Humanité, « en tant que Président de la République Française, socialiste qui plus est, François Hollande ne trouve pas le courage de contester les dogmes d’austérité imposés par les conservateurs. C’est terrible ! ».
André Chassaigne l’ a souligné avec force, ce Mercredi à l’Assemblée Nationale, « il revient à la France de faire entendre raison à la chancelière Angela Merkel qui se comporte comme si la zone euro était son domaine réservé ».
Dans son brillant discours, Mercredi au Parlement européen, Alexis Tsripas a confirmé une fois de plus sa volonté d’engager un programme de réformes et, fort de la légitimité démocratique, de faire respecter les choix politiques qu’il entend mettre en œuvre, en insistant sur la renégociation de la dette. Devant le Parlement européen, en se basant sur une étude du Crédit suisse, selon laquelle 10 % des Grecs détiennent 56 % des richesses du pays, le Premier Ministre défend un programme de justice sociale, celui-là même qui dans ses principes, avait été biffé en rouge par le FMI, il y a quinze jours …
A l’heure où sont écrits ces mots, les lignes commencent peut -être à bouger ... Entre les eurocrates, des distensions apparaissent. Beaucoup redoutent les conséquences systémiques d’une expulsion de la zone euro. Le gouvernement grec propose de taxer les nantis, de lutter contre le règne des oligarchies des cartels, contre la fraude et l’évasion fiscale pour moderniser l’ État … Est-ce tellement insupportable ?
Là résident tous les risques pour les artisans du dernier traité Sarkozy- Merkel, approuvé par Hollande. Ils ont terriblement peur que soit démontrée qu’une autre politique est possible. Les voilà donc prêts à amputer l’Union pour empêcher la contagion, donnant aux petits soldats médiatiques l’ordre de charger.

Mais ils n’ont pas partie gagnée, les peuples ne sont pas muets .

Pierre TRAPIER