GRECE : URGENCE DECLAREE, SOLIDARITE EXIGEE

jeudi 18 juin 2015
par  PCF Drôme

Les négociations sur la dette grecque sont entrées dans une phase particulièrement délicate. Après l’échec des négociations de ces derniers jours, une nouvelle étape est prévue fin juin. La Grèce doit rembourser le 30 juin, 1, 6 Milliard d’euros de prêts au FMI et pour cela elle a besoin d’obtenir le versement de 7,2 Milliards par les institutions financières, notamment européennes, versement bloqué depuis l’été dernier.

Le bras de fer entre la troïka et le gouvernement grec atteint des sommets. La pression des créanciers de la Grèce monte chaque jour d’un cran. Du Ministre belge des Finances en passant par un ancien Vice-Chancelier SPD de l’Allemagne jusqu’à un économiste du FMI, tous y vont de leur couplet pour mettre en garde la Grèce et afficher leur intransigeance. Tous les arguments sont bons. Pour les uns, l’attitude de la Grèce décrédibiliserait la zone euro, pour les autres céder aux demandes grecques serait un encouragement pour les autres forces radicales en Europe.

En arrière plan se joue en fait le respect de la démocratie, le respect du peuple Grec qui en votant Syriza a clairement signifié qu’il ne voulait plus de certaines réformes (baisse des salaires, des retraites, hausse de la TVA, privatisation des services publics), qu’il refusait le pillage organisé pendant 5 ans par les mémorandums qui ont fait passer la dette Grecque de 120% du PIB à 179%.

Dans les arguments utilisés par les nouveaux seigneurs du libéralisme, il en est un qui est particulièrement juste. Une sortie de crise à partir des propositions du gouvernement grec, constituerait une victoire contre les politiques d’austérité en Europe et ouvrirait la voie à une alternative politique dans les pays de l’Union en particulier, dans ceux de l’Europe du Sud. Nous sommes aujourd’hui clairement sur le terrain politique. Les décisions qui seront prises seront des choix politiques qui soit encourageront, soit contrarieront les marchés. Et cela n’est pas une mince affaire !

Aujourd’hui, les cartes sont dans les mains des politiques. Prendront-ils le risque d’un échec des négociations et d’un défaut de la Grèce pouvant conduire à un Grexit (sortie de l’Euro) ? Rien n’est moins sûr car il en découlerait une crise financière dans toute la zone euro et au-delà aux répercussions incommensurables. Le premier effet pourrait être une attaque des marchés contre l’Italie, pays en très grande faiblesse et très endetté (135% du PIB) et cela auprès de plusieurs Etats européens, dont la France à hauteur de 310 milliards d’euros. On devine l’onde de choc que pourrait produire un défaut de l’Italie.

L’urgence est de trouver une solution viable et pérenne pour le peuple Grec. Cela passe par des propositions concrètes pour réorienter la politique bancaire et financière en Europe, c’est-à-dire pour un changement radical des critères de gestion de la BCE et de l’ensemble des banques nationales et des banques de dépôt.

Des critères reposant sur une autre gouvernance de la BCE placée sous le contrôle des parlements nationaux et du parlement européen ainsi que sur une autre politique de financement. Ainsi la BCE doit non seulement acheter directement des titres de dettes publiques des Etats européens, mais elle doit installer avec cet argent, un fonds solidaire européen de développement social et écologique qui permettrait de financer dans chacun des Etats des investissements utiles à l’emploi, particulièrement par une relance massive des services publics, en respect de normes environnementales précises. Car il ne suffit pas de racheter la dette des pays pour les sauver de l’austérité. Il faut leur donner les moyens de se développer à partir d’une croissance saine à base d’efficacité sociale et environnementale contre la spéculation et la multiplication des dividendes.

Cette politique bancaire doit être assortie d’une réforme fiscale de grande portée s’intéressant tout particulièrement à la fiscalité des entreprises, lieu par essence de la production des richesses et niveau de décision de leur utilisation. En effet, ce sont les grands groupes qui en connivence avec des banques organisent l’expatriation de milliards d’euros, fruits du travail des salariés, vers les paradis fiscaux.

Plus que jamais la solidarité avec le peuple Grec est notre urgence à toutes et à tous !

Jean-Marc DURAND.
Membre du Conseil National du PCF