Avec les Grecs, contre l’austérité et pour la démocratie !

jeudi 4 juin 2015
par  Pierre TRAPIER

Plus de 5000 participants, des délégations venues des quatre coins de l’ Europe, les forces politiques du Front de Gauche, EELV, des syndicats sont venus dire le week-end dernier, place de la République à Paris, leur solidarité avec la Grèce.
Les médias dans leur totalité ont boycotté cet évènement, preuve de leur alignement inadmissible sur la « pensée unique », muselant ainsi l’information et la vie démocratique.

« Oui à une autre Europe, une Europe de la coopération, de la solidarité » a lancé en ouverture de ce premier Forum Européen des Alternatives, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF et président du Parti de la Gauche Européenne (PGE) à l’initiative de ce rendez-vous.

C’est sous les applaudissements d’une salle debout que la délégation grecque a été accueillie lors de la plénière d’ouverture du Forum. « L’austérité tue l’Europe des Peuples et c’est de notre responsabilité de mettre fin aux politiques néo-libérales avant qu’elles ne tuent l’espoir et les générations futures », a lancé Zoé Konstantopoulou, Présidente du parlement grec.

Alors que le gouvernement grec est en plein bras de fer pour faire respecter le mandat que le peuple lui a confié, c’est un appel à la solidarité qu’a lancé le Forum par la voix de Pierre Laurent. « Investissez les mobilisations de la Semaine de Solidarité avec la Grèce en faisant du 20 juin en France, avec une manifestation à Paris, un grand moment de solidarité », estimant que la « raison est à Athènes et la folie à Bruxelles ». Ce même jour auront lieu de partout en Europe, à Berlin, à Rome, à Madrid, à Bruxelles…. de grands rassemblements.

Une solidarité considérée comme essentielle, non seulement pour le peuple grec mais pour l’ensemble des peuples du continent. « Les ravages de l’austérité en Grèce sont ceux du futur européen si on ne met pas fin à ces politiques » a lancé Zoé Konstantopoulou.

Car il s’agit pour les dirigeants des gouvernements européens, dont le gouvernement français, d’empêcher Syriza de mettre en œuvre une politique alternative, pourtant démocratiquement choisie lors des élections législatives du 25 janvier : la renégociation de la dette publique, la réponse à l’urgence humanitaire, le renforcement de la démocratie contre les intérêts financiers, la relance de l’économie productive. Et le gouvernement français pleinement inscrit dans les objectifs de la Troïka (BCE, Commission Européenne, FMI) est en première ligne pour exercer un chantage inadmissible : la capitulation politique ou l’asphyxie économique. Quelle soumission abjecte !

Le combat politique de la Grèce contre l’austérité et le néo-libéralisme est une chance pour la France et pour l’Europe. Le PCF exige l’arrêt de l’étranglement financier à l’égard de l’économie grecque conduite avec la complicité du gouvernement français et du commissaire européen Pierre Moscovici.
Ce dernier, ancien Ministre socialiste de l’économie qui avait eu l’audace d’une effarante visite de soutien à la droite grecque à quelques jours des élections, ose demander aujourd’hui à la Grèce de « fournir de nouveaux efforts ». C’est à vomir !
« Qu’un gouvernement qui se dit socialiste ne fasse rien pour le peuple grec, c’est scandaleux ! » a jugé Pierre Larrouturou de Nouvelle Donne.
Reste la question du comment faire ? Comment remporter le bras de fer en Europe ? « Quels que soient les débats qui nous traversent, quelles que soient nos différences politiques, plus rien ne doit arrêter notre travail commun » a conclu Pierre Laurent.

En ce dixième anniversaire du NON au traité constitutionnel européen, être de gauche, c’est être solidaire du peuple grec, soutenir l’action du gouvernement d’Alexis Tsipras, c’est notre propre intérêt si nous voulons imposer une autre politique en France et en Europe.
Il s’agit de la responsabilité de chaque citoyen. Le combat que mène aujourd’hui le peuple grec et son gouvernement concerne donc l’ensemble des peuples européens.
Il s’agit d’une alternative à l’Europe de la finance pour une Europe des Peuples.

Parce-que la Grèce n’est jamais bien loin de nos propres luttes, le rendez-vous du 20 juin à Paris revêt un caractère d’urgence.
Pierre TRAPIER