SYRIZA hier en Grèce, Podemos aujourd’hui en Espagne... Et demain où ?

jeudi 28 mai 2015
par  Robert FARESSE

Il ne manque pas de voix et d’articles (parfois hypocrites) pour déplorer que ne se développent pas en France des mouvements de masse populaire, tels qu’ils se sont développés en Grèce puis en Espagne.
Pour beaucoup de commentateurs qui évacuent le contenu politique de ces rassemblements dirigés avant tout contre LES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ, il y aurait simplement, « un rafraîchissant renouvellement de personnels politiques » et il s’est même trouvé une chroniqueuse de France Inter, pour déclarer qu’en France, cet espace était occupé par le mouvement Bleu Marine.

Naturellement, les communistes se réjouissent de voir contester les orientations libérales et souhaitent que la contagion s’étende.
Cependant, comparaison n’est pas raison, l’histoire, les rapports sociaux dans chaque état ont leur spécificité et c’est avec brutalité, voire mépris vis-à-vis des peuples que s’applique la politique d’austérité, dictée par Bruxelles (hélas soutenue par Hollande) en Grèce et en Espagne.
Les effets sont terribles, conduisant à des taux de chômage dépassant 25% (surtout chez les jeunes) au passage d’1/4 de la population sous le seuil de pauvreté avec perte de la protection sociale et parfois même expulsion de logements, sans oublier les suicides.
La liste des reculs pourrait s’allonger, c’est elle qui a conduit à la mobilisation des « indignés » depuis de nombreuses années, face à des équipes politiques « d’alternance » touchées par des scandales de corruption. Ces fortes et durables mobilisations ont trouvé un débouché politique porteur d’espoirs.
Syriza est au pouvoir, ou plutôt au gouvernement, ce qui pour les marchés financiers n’est pas le pouvoir et il y a lutte quotidienne et dans cet affrontement, notre solidarité est acquise, elle s’est manifestée et devra le faire encore. Podemos progresse, pour autant rien n’est gagné et il faudra à ces nouveaux dirigeants, la ténacité et la permanence d’un soutien populaire durable pour gagner.
C’est aussi à ces enjeux que les communistes sont confrontés, même si ici, le capitalisme avance avec quelques précautions pour éviter la protestation et les actions de masses dont notre peuple est capable. Ils vont en débattre avec des représentants de l’Europe entière à l’occasion du forum Européen des Alternatives ce 30 mai, confronter les expériences, construire à l’échelle du continent l’unité des progressistes…
Le pari reste bel et bien d’élargir ce qui est né voici quelques années avec le Front de Gauche.

Bob FARESSE