GPA à l’étranger : la justice se prononce pour le commerce humain !

jeudi 21 mai 2015
par  Jean Pierre BASSET

Mercredi 13 mai , le TGI (Tribunal de Grande Instance ) de Nantes s’est prononcé pour l’inscription à l’état civil de trois enfants nés de GPA (mères porteuses) à l’étranger.

Une nouvelle fois la justice se prononce pour le commerce humain, des femmes en entier cette fois, dans le cadre de GPA à l’étranger autrement dit de proxénétisme médical.
A nouveau c’est la prise de position d’une instance européenne, la CEDH, qui a décidé du jugement du TGI favorable aux marchands d’humains contre l’avis du Procureur de la République (1).

La similitude avec les affaires de produits sanguins est éclatante : Le Conseil d’Etat tranchant le 23/7/2014 après la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne, CJUE, (13/3/2014) en faveur de la demande de la multinationale Octapharma qualifiant le "Plasma Thérapeutique SD" de "médicament" donc du commerce d’un produit humain au détail.

Les commentaires gouvernementaux succédant à cette décision sont de pure forme. En ne faisant pas appel de la décision de la CEDH, le gouvernement montre l’acceptation de fait, la légitimation de la GPA, donc de son total mépris de la dignité humaine désormais inscrite dans la constitution.

Comme parallèlement d’autre lobbys mènent campagne pour la PMA pour tous (après un tour de passe-passe transformant l’AMP en PMA) (2), il est évident qu’une forte partie de l’opinion publique (qui n’ a jamais connaissance d’arguments contraires) et des parlementaires par démagogie obtiendront la légalisation de la GPA et de la PMA pour tous.
On notera aussi que les individus ayant recours à des transplantations d’organes achetés à l’étranger ne sont pas poursuivis.

Cela conduit à la disparition progressive des principes éthiques, y compris du système transfusionnel. Quand tout le reste sera devenu du ressort du commerce, comment le Don de sang et l’utilisation de ses dérivés pourraient-ils rester éthiques ?

Les citoyens doivent bien comprendre que cette marchandisation de la santé n’est pas le fruit du hasard. C’est par exemple la vocation de la loi "HPST" dite "Loi Bachelot".

Et cela s’inscrit dans un contexte mondialisé qui est bien décrit par une sociologue canadienne Céline LAFONTAINE dans un livre "Le corps marché, la marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bio économie" (3). Sang, cellules, tissus, ovocytes ont vocation à devenir source de plus value dans ce que l’OCDE comme la Commission européenne qualifient de "Bio économie" par l’exploitation techno scientifique du vivant humain.

Jean-Pierre BASSET

1) Les enfants nés de GPA ne sont pas privés d’identité, et je ne pense pas qu’être porteur de la nationalité US, avec le passeport assorti soit déshonorant . Il s’agit bien pour le lobby de la GPA et ses avocats de faire plier la République Française sur une question de principe.

2) A l’origine, chercheurs et médecins ont mis au point l’AMP -Assistance Médicale à la Procréation- immense progrès qui a permis de surmonter une détresse médicale, la stérilité de nombreux couples. Puis ont commencé d’intervenir les partisans de procréation assistée de complaisance. Il a alors suffi d’inverser l’ordre des initiales pour changer l’objet de l’assistance médicale, la complaisance commerciale à la place de l’assistance à la détresse.

3) publié en avril 2014, ce livre plus que jamais d’actualité est à commander à la Librairie Notre Temps, 30 Grand Rue à Valence, 04 75 43 78 79, "La couleur des idées au SEUIL", 21,50 euros.