La caverne du Pont d’Arc : les premières oeuvres de l’Humanité partagées

jeudi 30 avril 2015
par  La rédaction des Allobroges

Les Allobroges de la Drôme ont demandé à François JACQUART notre « voisin », Conseiller régional PCF de l’Ardèche, Vice-Président du Syndicat Mixte de la Caverne du Pont d’Arc de présenter le projet lié à « la grotte Chauvet ». Le lieu de reconstitution, unique au monde, a été ouvert au public le week-end dernier.

François JACQUART : « Depuis le début de cette aventure humaine qu’est la réalisation de la réplique de la Grotte ornée du Pont d’Arc (dite grotte Chauvet) et ma prise de responsabilité comme Vice-Président du projet, j’avais une obsession : faire que celui-ci soit partagé par le plus grand nombre.
Après avoir eu l’honneur, le privilège de descendre dans la véritable cavité, au delà de la magie du lieu, un sentiment m’a envahi venant compléter celui d’en faire un projet partagé, celui du sentiment de responsabilité de transmettre aux générations futures une réplique de haute qualité et un véritable outil pour améliorer la vie au quotidien des femmes et des hommes de notre département, l’Ardèche et en premier celle des habitants du bassin vallonnais.
Le classement au patrimoine mondial de l’humanité, le 20 juin 2014, de ce joyau de l’art pariétal a conforté ma volonté de travailler dans la durée à faire également de ce projet un combat pour permettre que partout dans le monde, dans le moindre village d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie , les dessins de nos ancêtres, de leurs ancêtres soient vus et qu’ainsi ils contribuent à unir l’humanité. Utopie ? Sûrement un peu... mais convaincu, c’est là l’essentiel dans une période où avoir des convictions qui place l’Humain au centre des actions est une obligation démocratique ».

Le conseiller régional communiste poursuit : « La question du choix du terrain pour implanter l’espace de restitution a été le premier acte de notre démarche partagée.
Prenant en compte le fait que bon nombre de projets d’utilisation de foncier en site de nature se trouvaient contestés par les associations environnementales, nous avons proposé que plusieurs terrains possibles soient expertisés en amont par la FRAPNA et que celle ci nous indique le lieu qui aura le moins d’impacts sur l’environnement et les compensations à mettre en place.
Comptabilisation des espèces animales et végétales, nidification, gestion de l’eau, contreparties...rien n’a été laissé au hasard. Il a fallu plus d’un an pour que l’Association livre son choix.
C’est ainsi que le site du Razal, au dessus de Vallon Pont d’Arc, a été retenu et qu’aucun recours juridique n’est venu mettre en difficulté le permis de construire.
Cette démarche a été d’ailleurs saluée par les experts de l’ ICOMOS (International Council on Monuments and Sites), organisme mondial non gouvernemental spécialiste dans la conservation, la protection et la valorisation des monuments et des sites.
Le Syndicat Mixte a d’ailleurs profité de la période des expertises pour négocier en amont avec les propriétaires l’achat des terrains.
C’est ainsi que sans aucune expropriation, les 19 ha ont été acquis permettant, au-delà des besoins de construction (7 ha), de protéger une végétation typique de ce site qui surplombe et domine de nombreux belvédères naturels donnant des vues remarquables sur les Cévennes, la Montagne Ardéchoise...
Ce passage sans encombre a confirmé aux plus réticents que la volonté d’associer en permanence les acteurs du territoire et les citoyens était le passage obligé de la réussite du projet.
Dès lors, les initiatives se sont multipliées pour partager cette aventure.
Rencontres publiques, soirées culturelles, initiatives artistiques (contes, œuvres musicales, créations théâtrales et même repas préhistoriques) ont permis de « rallumer la flamme » après des années de doutes sur la perspective de l’ouverture d’une réplique et d’un projet de territoire bénéfique pour les habitants ».

L’élu ardéchois de souligner : « Notre satisfaction a été de voir l’explosion du nombre de demandes de présentation des images de la cavité et du projet de restitution. La magie des images, la force et l’audace du projet ont contribué à un soutien massif des populations, de l’action des collectivités locales.
Les journées portes ouvertes sur le chantier ont permis à des milliers de personnes de voir prendre forme ce qui pendant des mois n’était visible que dans la presse ou dans les images présentées lors de nos conférences.
Bien sûr, des inquiétudes, des doutes ont été exprimés et ont donné lieu à des échanges parfois vifs sur des thèmes tels que le nombre de touristes attendus, les questions environnementales, la question des « découvreurs », le mode de gestion de l’espace de restitution...

Ce fut des moments nécessaires d’explications, de confrontations pour que la transparence et la confiance l’emportent. En effet, dans une période où beaucoup
d ’ardéchoises et ardéchois souffrent des répercussions de la situation économique, il est normal que les collectivités expliquent et justifient l’investissement de près de 100 millions d’euros dans la réalisation de l’espace de restitution et l’accompagnement territorial ardéchois.
Cette opportunité, il a fallu la faire aussi accepter par les élus, le monde socio-économique. Ce fut un autre volet de mon action de « projet partagé ».
Là aussi les graines déposées sont en train de germer mais cela prend du temps, nécessite de l’accompagnement pour que les réalisations sortent de terre. Les besoins de transports collectifs, de mise en réseau des acteurs touristiques et culturels, des sites patrimoniaux sont un passage obligé.
Cela demande de convaincre que la Caverne est une chance pour le territoire, que l’Ardèche, connue pour ses gorges, ses espaces naturels va gagner en notoriété internationale en terme de qualité de ses sites patrimoniaux ».

François JACQUART se félicite que : « Cette nouvelle option culturelle et touristique va capter de nouveaux types de touristes venant de pays qui ne seraient pas venus naturellement en Ardèche mais qui viendront du fait du classement UNESCO et de la réplique. Les autres sites dans le monde, classés au patrimoine mondial ont bénéficié de cette dynamique.
Ces visiteurs auront des demandes plus ciblées, des exigences maximum de qualité. C’est par l’information des hébergeurs, des acteurs du tourisme, de la restauration, des sites touristiques et par la formation des salariés que le niveau d’accueil correspondra aux attentes. Cette qualité doit se retrouver également dans l’Espace de Restitution. Les conditions de sa gestion ont fait débat. J’ai, pour ma part, défendu le fait que ce bien culturel devait être géré directement par les collectivités locales. Ce n’est pas l’option qui majoritairement a été retenue. La Délégation de Service Public a été choisie.
Dès lors, il fallait que le cahier des charges, qui allait s’imposer à l’entreprise chargée de faire fonctionner le site, soit exigeant. Je m’y suis attelé avec l’équipe du syndicat. Je peux affirmer aujourd’hui que les exigences sont telles que l’on ne pourra pas confondre la Caverne du Pont d’Arc avec un parc à thème. Petits et grands, simple visiteur ou passionné de l’art pariétal, chacun trouvera matière à découverte, à connaissance. La réplique en elle-même bien sûr mais aussi le centre de découverte qui permettra la compréhension ne laisseront pas indifférent et feront que chacun repartira de ce lieu avec des connaissances supplémentaires. La qualité de la visite, l’exactitude du langage scientifique seront au rendez vous ».

« La qualité et l’exigence se retrouvent également dans les autres lieux de l’Espace de restitution » souligne François. « Le pôle pédagogique qui recevra chaque année plus de 30 000 scolaires bénéficiera du professionnalisme de l’équipe recrutée. Les programmes proposés ont été établis en partenariat avec l’ Education Nationale. Le restaurant, où des menus ardéchois confectionnés à partir de produits locaux et réalisés en partenariat avec la Chambre d’Agriculture et « Ardèche le goût », mettra à l’honneur les saveurs de nos territoires. Enfin, précisions utiles, les tarifs d’entrées sont validés par les Collectivités Locales. Les prix retenus accompagnent cette démarche de projet partagé en rendant ce site accessible au plus grand nombre. C’est une volonté politique affirmée à laquelle j’ai particulièrement tenue.
C’est maintenant la commission de suivi de la Délégation de Service Public qui devra en permanence s’assurer du respect du cahier des charges ».

Pour conclure François JACQUART voudrait relever un exemple qui pour lui, élu communiste, « est révélateur de cette notion de projet partagé qui je le pense reste unique dans la construction d’un tel projet.

Environ 400 salariés ont travaillé sur le chantier. Les caméras de télévision se sont tournées dès le début sur ceux, qui pour eux, avaient de l’importance à savoir les dessinateurs, les sculpteurs et rarement vers les maçons, les tailleurs de pierre, les métallos qui ont assemblé les milliers de tiges d’aluminium formant la modélisation 3D de la réplique… Nous avons voulu, nous, que tous, soient considérés comme aussi décisifs dans la réalisation de la réplique que ceux mis dans la lumière et grâce à Madame le Conservateur qui leur a montré des images de la véritable Grotte, ces travailleurs de l’ombre ont pu aussi prendre part au rêve et mesurer qu’ils étaient des acteurs à part entière du projet humain.

Je mesure aujourd’hui, au lendemain de l’ouverture, la chance que j’ai eue d’être de ce projet. Travailler aux côtés de scientifiques renommés, avoir rencontré des hommes et des femmes de culture comme Miquel BARCELO avoir retrouvé Ernest PIGNON-ERNEST et ses amis BARTABAS, André VELTER, et puis avoir pu partager avec des milliers d’ardéchois et tant d’autres de jolis moments autour des images de la cavité, ces moments là je les souhaite à tous les élus.

En tant que Citoyen, en tant qu’ Elu, en tant que Communiste, je suis fier, moi aussi, de ce que nous avons accompli, heureux d’avoir contribué à faire que cette merveille de l’Humanité qu’est la Grotte Ornée du Pont d’Arc dite Grotte Chauvet, prenne place dans la grande Histoire de l’Homme ».

Il n’y a, désormais plus qu’à aller découvrir ce trésor culturel et patrimonial !
La rédaction des Allobroges