SOUTENIR LA GRECE, CHANGER L’EUROPE

mercredi 25 février 2015
par  PCF Drôme

Soutenir la Grèce, changer l’Europe
Mercredi, 25 Février, 2015
L’Humanité / L’éditorial de Jean-Paul Piérot

Les électeurs grecs, en assurant la victoire de Syriza, en étaient bien conscients : la Sainte-Alliance eurolibérale, qui les avait fait tant souffrir pendant six ans de saignée austéritaire, ne se plierait pas facilement à la démocratie. Passée la sidération des jours qui suivirent la nomination du premier ministre Alexis Tsipras, vint l’heure des premières représailles avec le coup 
de force de la BCE, puis les menaces de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. François Hollande, auprès de qui Athènes aurait pu espérer plus de compréhension, se défaussa face à Alexis Tsipras, mettant sur un pied d’égalité le choix du peuple grec et les revendications des créanciers. Qu’importent la dévastation sociale, la crise humanitaire imposée par la troïka, «  ces enfants qui s’évanouissent en classe, parce qu’ils ont faim  », dont témoigne dans nos colonnes le nouveau ministre de l’Éducation, Aristides Baltas, «  une dette est une dette  », estime la patronne du FMI, Christine Lagarde.

Le chantage en bande organisée de 
 l’Eurogroupe avait pour objectif, faute de pouvoir briser la résistance d’un gouvernement qui se bat pour la dignité de son peuple, d’avancer dans l’opinion publique européenne l’idée d’un recul d’Athènes, afin de décourager d’autres peuples prêts à rejeter à leur tour l’austérité. Hors de la doxa libérale, point de salut ! La violence à l’encontre du peuple grec, l’arrogance de Berlin et de Bruxelles sont autant de signes de l’inquiétude qui règne à la Commission européenne, à la chancellerie allemande et à la BCE. La force n’est pas du côté que l’on pourrait croire. Le principal atout dont disposent Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis et leurs camarades, c’est le soutien du peuple qui n’accepte plus l’humiliation et le mépris.

En un mois, la Grèce a déjà fait bouger l’Europe comme jamais auparavant. Alors que les politiques d’austérité entraînent dans plusieurs pays non seulement la déflation et le chômage mais aussi l’émergence de forces politiques de repli nationaliste, ici c’est la démocratie, la gauche, l’Europe sociale qui portent l’espoir. Une gauche qui, parvenue au pouvoir, entend respecter ses engagements, ce n’est pas si fréquent. Dans la partie de bras de fer qui s’engage finalement autour d’un projet européen alternatif à la dictature des marchés financiers, Athènes porte donc les aspirations de dizaines de millions de 
salariés européens. La réussite de son 
combat dépendra aussi pour une large part de la solidarité continentale. Soutenir le peuple grec, c’est déjà changer l’Europe.

Nous devons être aux cotés du gouvernement grec. Les citoyens européens doivent faire pression sur leurs gouvernements pour qu’ils respectent le vote des Grecs, changent les règles imposées par la BCE et la troïka et laissent respirer la Grèce. Le temps nécessaire doit être laissé à Syriza pour reconstruire le développement du pays sur de nouvelles bases, au lieu de continuer à les asphyxier. C’est notre combat commun. Tous les peuples européens ont besoin de sortir de l’austérité et d’agir pour des solutions européennes et solidaires.

J’appelle toutes les forces qui refusent l’austérité et le chantage de la dette à amplifier la pression populaire dans les différents pays de l’UE sur leurs gouvernements, sur les banques centrales et la BCE en multipliant les actions de solidarité dans toute l’Europe le 11 février prochain, jour de la réunion extraordinaire de l’Eurogroup et en poursuivant la mobilisation toute la semaine du 11 au 17 février, pendant le Conseil européen des 12 et 13 février et jusqu’à l’Eurogroup du 17 février.


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