L’ ’INDUSTRIE, CODE SOURCE D’UN AVENIR COMMUN

ECONOMIE CIRCULAIRE, UN SPECTRE QUI HANTE L’EUROPE INDUSTRIELLE
jeudi 27 novembre 2014
par  PCF Drôme

Nous étions 200 délégués, venus de toute la France pour parler d’industrie. L’industrie des boîtes qui ferment, du travail en souffrance et de la lutte sociale bien sûr – comment l’ignorer en cette période de crise ? – mais aussi celle qui répond aux grands défis de l’environnement et de la société, celle qui prépare l’avenir et nous embarque pour l’univers lointain des Rosetta et Philae. L’industrie des grandes entreprises – qui pèsent lourd sur notre énergie, nos transports, notre santé ou alimentation – mais aussi la petite industrie moins visible qui fait vivre nombre d’entre nous et de nos territoires et paie souvent au prix le plus fort la facture de la mondialisation libérale.
Pourquoi parler d’industrie ? Ne sommes-nous pas dans une société désindustrialisée, post-industrielle ? Excepté un peu de High Tech,
n’est-il pas vrai que le seul avenir est dans les services ? Et n’est-ce pas d’ailleurs une bonne chose de nous débarrasser de ces usines bruyantes et polluantes qui n’attirent d’ailleurs plus nos jeunes vers les filières scientifiques et techniques ?

Les communistes refusent cette analyse trop arrangeante pour les dé localisateurs et autres vautours de la finance. Une boîte qui ferme, c’est un territoire qui meurt et un pan d’horizon qui se bouche pour tout le pays. Même dans des secteurs traditionnels comme le bois ou le textile, il y aurait chez nous d’énormes potentiels d’emploi et d’activités socialement utiles et écologiquement responsables, pour peu que l’on se décide à réinvestir dans la modernisation des machines, logiciels, locaux, dans la formation et la reconnaissance des salariés, dans la recherche.

Avec les progrès techniques du numérique, des nano ou bio technologies, avec surtout de nouvelles logiques puissantes comme l’économie circulaire (voir encart ci-après) ou l’économie de la fonctionnalité, du partage, les fablabs et l’open source, nous avons les clés d’un nouveau monde industriel qui permette une relocalisation des activités au plus proche et à la hauteur des besoins, une écologie sérieuse, une gestion plus démocratique des entreprises, un retour vers le progrès.
Et c’est possible car la France, et un département comme la Drôme, ont encore un solide socle industriel. C’est possible et ne se fera pas sans luttes.
Car il faut reprendre le contrôle aux financiers, donner aux travailleurs et citoyens le pouvoir réel de peser dans les décisions et cesser le gaspillage d’argent public que représentent le pacte de responsabilité, le plan Junker et tant d’autres aides distribuées aux entreprises sans contrôle. C’est possible, à condition de s’y mettre, motivés, ensemble.
C’est pour ça que les communistes ont réuni le monde du travail drômois le 13 novembre, qu’ils étaient à Paris ce week-end, qu’ils seront à Grenoble le 6 décembre avec leurs partenaires de la région Rhône-Alpes, qu’ils ne manqueront pas de riposter à la « semaine d’action sur la souffrance des patrons » à laquelle appelle le MEDEF, qu’ils seront de tous les combats industriels.
Rien ne les étouffe eux, mais nous, nous ne lâcherons rien.

Thierry CHANTRIER et Sébastien ELKA


Ils l’avaient tous à la bouche, les militants communistes réunis ce week-end en convention sur l’industrie : l’économie circulaire. Le grand principe qui pourrait et devrait révolutionner l’organisation de nos sociétés industrielles. De quoi s’agit-il ?
C’est d’abord une logique qui veut qu’au lieu du classique « extraire – produire – consommer – jeter » de la société de consommation – l’économie « linéaire » – nous optimisions toutes les opérations économiques pour minimiser la pression de l’économie sur les ressources. Mieux produire et consommer, organiser nos lieux de vie et de travail pour jeter moins et plus réutiliser et recycler, pour réduire gâchis et gaspillages.
Souvent parmi les libéraux – chez qui le concept a aussi beaucoup de succès – il ne s’agit que de se ruer sur de nouveaux segments de marché juteux autour du recyclage, de la cogénération chaleur-électricité ou du conseil en verdissement de façade. Mais pour les communistes (ou toute autre sorte d’écologiste sérieux), il doit s’agir d’une logique beaucoup plus vaste, qui intègre tous les moyens d’économiser et de valoriser les ressources naturelles, l’énergie, l’eau et le travail humain. Il s’agit en particulier de donner du sérieux à des concepts comme l’écoconception des produits ou l’économie de la fonctionnalité (valoriser l’usage plutôt que la possession) pour tordre le cou à la fameuse « obsolescence programmée » ; d’assainir notre agriculture et nos assiettes grâce à une agro-écologie conséquente ; de renouer avec l’aménagement du territoire pour optimiser transports et flux de matières et favoriser les circuits courts.
Et toujours garder l’humain et son travail au centre de nos actions et réflexions.

Les communistes de Valence organisent une séance de réflexion-formation sur ces sujets industriels le 12 décembre de 18h30 à 20h au 10 rue Servan– Porte ouverte et auberge espagnole.