LE PLAN FILIÈRE BOIS PRÉSENTÉ AU DÉPARTEMENT

jeudi 27 novembre 2014
par  PCF Drôme, Philippe LEEUWENBERG

Ce lundi 4 novembre à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire au Département, j’ai présenté le nouveau plan filière bois sur lequel je travaille depuis mars 2011. Je remercie les camarades venus assister à la séance et qui ont eu la patience d’attendre jusqu’à 11h30 alors que mon intervention était prévue bien plus tôt. Un timing (n’y voyez aucun lien avec les échéances électorales à venir) qui aura eu pour conséquence de faire fuir la presse et de faire patienter plus de deux heures les acteurs de la filière bois venus nombreux.

Ce plan sera pourtant la seule nouvelle action du Département pour les 3 ans à venir avec une dotation de
3 millions d’euros, seul budget à la hausse dans cette période de disette budgétaire.

La forêt couvre la moitié de la Drôme avec un taux d’exploitation faible. 650 entreprises et 2000 salariés, 22 partenaires de l’amont à l’aval sont présents sur le Département. J’ai rencontré puis rassemblé tous ces acteurs, afin d’élaborer une stratégie partagée pour développer la filière bois. Ce travail s’est fait en lien avec les politiques de la Région, du massif des Alpes, des collectivités et de l’Europe confirmant le rôle essentiel et la pertinence de l’échelon départemental.

Les enjeux principaux sont le développement de l’emploi dans la filière et la création de circuits courts par l’utilisation de notre ressource locale en assurant sa gestion durable. Cela implique de respecter la « hiérarchie des usages », c’est à dire d’utiliser le bois en priorité là où il y a le plus de plus-value : la construction, les piquets, l’ameublement, puis le bois industrie (palettes) et enfin le bois énergie ou le papier.

Ce plan se décline en 4 axes :

1/ Améliorer la mobilisation durable des bois :

Cela nécessite de regrouper les propriétaires forestiers (38000 en Drôme) pour avoir des plans de gestion durable de la forêt, seuls garants de la prise en compte de toutes les aménités de celle-ci : protection de la biodiversité, protection des terrains, de l’eau, production de bois d’œuvre et énergie, lieux de loisirs et paysage. La Drôme a déjà commencé ce travail et compte le plus d’associations en France. Les cabinets de différents ministres et du président de la République étaient d’ailleurs venus visiter la Drôme pour préparer la loi d’avenir de l’Agriculture et de la Forêt et le conseil stratégique de la filière bois porté à l’époque par Montebourg. Des études sur les conséquences du réchauffement climatique et des projets de reboisement sont aussi programmés.

2/ Pérenniser les entreprises et développer leurs activités :

Nos entreprises, notamment les scieurs souffrent d’un retard d’investissements productifs. Il y a nécessité de faire un saut technologique important. Le plan prévoit des aides pour améliorer la qualité des bois locaux sciés (séchage, tri, découpe numérique, etc.) et permettre aux entreprises de répondre à la demande de plus en plus importante pour la construction ainsi qu’aux appels d’offres publics. Des actions de sensibilisation des jeunes aux métiers du bois sont développées pour pallier le déficit d’attractivité.

3/ Inciter les collectivités à soutenir la filière et la promouvoir auprès du grand public :

Les collectivités (mairies, départements) doivent être des moteurs, que ce soit par l’utilisation du bois dans la construction, pour le chauffage ou dans la gestion de leurs forêts quand elles en ont. Le plan prévoit un bonus de 10% en plus de l’aide du Département pour les mairies qui construiront en bois. J’ai participé activement au niveau du massif des Alpes à la promotion de la certification « Bois des Alpes » qui permet aux collectivités locales d’inscrire dans les appels d’offres leur volonté de construire en bois local et donc de faire travailler les entreprises locales. L’objectif est de réduire le déficit commercial de la France dans ce domaine
(6 milliards/an), 1er déficit après le pétrole.
Le département lancera un plan de communication auprès du grand public avec l’ensemble des éléments rassemblés par la filière.
Il s’agit d’informer pour balayer les préjugés encore nombreux que ce soit sur la gestion forestière ou sur les qualités du bois.

4/ Faire en sorte que le Département soit moteur et exemplaire :

J’ai déjà engagé un travail avec tous les services du Département : collèges chauffés au bois, nouveaux bâtiments (collèges, Centre médico-social, gymnases) avec une part importante de bois, élaboration d’une nouvelle carte pour le transport des bois ronds, protection des routes, actions de sensibilisation des collégiens, plan d’approvisionnement local à partir des forêts départementales (Saôu et Ambel), mobilisation du service économique sur cette thématique.

Nous avons aussi mis en place un Plan d’Approvisionnement Départemental : celui-ci permet de connaître la ressource et sa disponibilité. C’est un outil d’aide à la décision pour les élus. Au vu des premiers résultats, une entreprise drômoise a abandonné un projet bois pour son énergie (en remplacement du gaz), en effet, j’avais alerté sur le risque d’épuiser la ressource utile à d’autres entreprises de transformation. Le département compte déjà une unité importante à Pierrelatte.
La concurrence aurait été trop forte.

Ce plan filière bois s’inscrit en complémentarité d’autres politiques et nécessitent des cofinancements importants, notamment de l’ Etat. Hors, comme le dénonçait notre camarade André CHASSAIGNE à l’Assemblée, malgré la communication importante sur cette filière d’avenir, les budgets des principaux gestionnaires de la forêt ont été sabrés : ONF et CNPF (forêt privée). Une décision très dommageable au vu des enjeux économiques et écologiques. Des enjeux que j’ai saisis ici, soutenu par les acteurs de la filière et à l’écoute des Drômois, j’ai réussi à convaincre mes collègues.
Faire de la politique, proposer des perspectives, voilà une façon de mettre à bas l’austérité !

Philippe LEEUWENBERG,
Conseiller général de la Drôme,
délégué à la filière bois


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