VIDÉOSURVEILLANCE : POUR OU CONTRE ?

jeudi 30 octobre 2014
par  Jean-Pierre RAMBAUD

Un groupe de citoyens s’est manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer la volonté du Maire de Die d’installer la vidéosurveillance. C’était dans son programme municipal. Même s’il n’est pas à l’ordre du jour immédiat, celui-ci a déclaré « qu’effectivement ce sujet faisait partie de ses promesses de campagne mais qu’actuellement il n’est pas sur la table des décisions. Il sera débattu démocratiquement dans les instances municipales… au final en conseil municipal ». Résultat sans surprise puisqu’il est majoritaire !

Les communistes proposent que rien ne soit fait sans débat démocratique avec la population : assemblées publiques, rencontres contradictoires, organisation d’une consultation électorale avec vote.

Pour les communistes diois, le principe fondamental des libertés individuelles et collectives dans une société démocratique, là où la surveillance arrive, la liberté s’en va ou se réduit. Elle ouvre la porte à tous les travers, surtout dans une ville de 4 600 habitants où presque tout le monde connaît tout le monde et où les actes délictueux ne sont pas légion. Le maire veut-il créer un sentiment d’insécurité ?

D’autre part, la Cour des Comptes, dans son rapport du 7 juillet 2011 indique : « Malgré un usage désormais plus répandu, la proportion des faits de délinquance élucidés grâce à la vidéosurveillance de la voie publique est relativement faible… »

Quant à la formation du personnel, la Cour observe : « La montée en puissance de ces systèmes (vidéosurveillance NDLR) a été encouragée en l’absence de filière de la fonction publique territoriale au métier d’opérateur de vidéosurveillance, qui requiert pourtant des compétences techniques et le respect d’obligation déontologique. Les agents chargés de visionner les images ne sont pas assermentés quand ils ne sont pas des policiers municipaux, ce qui est fréquent. Ils n’ont souvent pas reçu de formation spécifique sur les obligations déontologiques afférentes à leur fonction ». Et d’appeler à « l’obligation de suivre un programme de formation » à définir par voie réglementaire. (Extrait de la Gazette des communes).

Quant au coût, vous pouvez en juger dans le tableau ci-dessous.
Compte tenu du choix du maire dans son programme, voici quelques éléments que nous versons au débat en rappelant qu’une consultation des citoyens est nécessaire.

Jean-Pierre RAMBAUD


Vidéo surveillance : Chiffres clés d’après la Gazette des communes.

80 000 euros : coût moyen des étapes préliminaires (études de faisabilité, assistance au maître d’ouvrage).
20 000 euros par caméra : coût moyen pour l’installation des équipements.
28 000 euros par agent, soit un total de 140 000 euros / an : coût moyen de fonctionnement pour un système composé d’une vingtaine de caméras, fonctionnant 24 heures sur 24, cinq agents au moins sont nécessaires.

Source : « Vidéosurveillance et espaces publics », Tanguy Le Goff, Iaurif, 2008.