ENVIRONNEMENT : L’ OUVÈZE

jeudi 15 mai 2014
par  Les Allobroges de la Drôme

En janvier 2014, suite aux intempéries, l’Ouvèze a « attaqué » la base d’une ancienne décharge d’ordures ménagères située sur sa rive gauche au lieu dit « les Tuves Costebelle » à Buis les Baronnies. Elle a entrainé sur plusieurs kilomètres des déchets divers et des sacs en plastique dont le contenu est allé « enrichir » la rivière.

L’association DEBA (Défense de l’Environnement des Baronnies) particulièrement préoccupée par le respect de l’environnement, les risques de pollution, leurs conséquences sur les habitants, la flore, la, faune, a décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir la réhabilitation pérenne de cette ancienne décharge.

De quoi s’agit-il exactement ?

Ce dépôt d’ordures a été utilisé entre 1950 et 1984 date à laquelle a été crée un quai de transfert à la Palun. Ce sont donc des tonnes de déchets qui se sont entassés sur environ 3 à 5mètres de haut, soit un volume d’environ 2000 m3. Jusqu’en 1984 le site a été géré par la commune de Buis ensuite c’est la communauté de communes qui devient responsable de la gestion. A noter que l’ancienne décharge a été remise en service dans les années 2000 pour les déchets verts et les matières inertes !

Dans un entretien au Dauphiné (22/10/2002) et à la Tribune (31/10/2002) le président de la communauté de communes a déclaré :

« Compte tenu de la gravité de la situation écologique tant sanitaire que touchant à la rivière et à la qualité de l’eau, j’ai demandé au préfet de mettre en œuvre une procédure d’urgence pour catastrophe écologique. La déchetterie doit être construite rapidement, sous peine que la situation ne se dégrade, avec menaces de multiplication de décharges sauvages. J’attends maintenant la réponse du préfet.(…) »

La déchetterie a été construite en 2006 !

En mai 2007 une réunion en présence du sous-préfet a eu lieu en mairie de Buis pour examiner des mesures de remise en état et de sécurisation du site au regard d’une éventuelle crue de l’Ouvèze.

En juillet 2008 « Considérant qu’aucune étude concernant la réhabilitation du site n’a été présentée par la collectivité, qu’aucune analyse concernant l’impact de cette décharge sur le milieu, en particulier sur la rivière Ouvèze, n’a été fournie, (…) » le préfet par arrêté n°08 3282 a mis la commune du Buis en demeure de réhabiliter le site de la décharge.

Mais en 2008 ce n’est plus la commune du Buis, c’est la communauté de communes qui gère le site, donc c’est la communauté de communes qui est juridiquement responsable.

L’ arrêté demande « Un diagnostic établi avant le 30 septembre 2008 par un conseil spécialisé ( …) afin de définir et d’évaluer les travaux à engager pour mettre en sécurité la décharge. » Il fixe au 31 décembre 2008 la date pour l’achèvement complet de la réhabilitation.

La communauté de communes confie au cabinet CEREG (Cabinet d’Etudes et de Réalisation d’Equipements Généraux) le soin d’établir le diagnostic. Le rapport du cabinet de décembre 2008 propose une solution pour la sécurisation des lieux et donne une estimation du coût. A partir de là, il est assez difficile d’y voir clair ! la C.C. déclare ne pas avoir reçu, malgré ses relances, l’accord des services de l’Etat pour le type de travaux proposés par CEREG. Par contre, la préfecture de-mande une étude différente avec une sécurisation plus importante.

La C.C. demande à nouveau à CEREG une étude, selon les souhaits préfectoraux, qui a été rendue en 2013 ! Elle semble à nouveau ne pas convenir puisque par lettre en date du 3 mars 2014 la préfecture de-mande une troisième étude !

Donc 2 études ont déjà été payées par nos impôts, et il va falloir en payer une troisième. En l’état actuel des choses, aucune décision ne semble prise par la C.C. qui ne sait à quel Saint se vouer, renvoie la balle aux différents services et organismes de l’Etat et vice versa.

Si nous voulons que cela avance nous devons prendre les choses en main, l’association DEBA a donc demandé à être reçue par le sous-préfet, elle attend la réponse. Elle a également demandé, comme cela est prévu à l’article L.151.1 du code de l’environnement, la création d’une Commission locale d’information et de surveillance (CLIS). Cette demande doit être exa-minée par le conseil communautaire.

Enfin DEBA a organisé le 16 avril une réunion publique d’information dont nous parlerons dans un prochain numéro afin que celles et ceux qui se sentent concernés par la protection de notre environnement puissent agir en connaissance de cause.

Ah oui un dernier mot : qu’en pensent les écologistes locaux ?