Santé, médicaments dérivés du sang : LFB, un laboratoire public en danger

mardi 21 janvier 2014
par  PCF Drôme

Le LFB (Laboratoire du Fractionnement et des Biotechnologies) est un établissement public. Il produit les Médicaments Dérivés du Sang (MDS) en "fractionnant" par lots les poches de plasma sanguin issu des dons de sang bénévoles que lui cède l’EFS (Établissement Français du Sang).Le LFB a, de par la loi, le monopole de la fabrication "éthique" des MDS qui sont fournis et prescrits exclusivement dans les établissements hospitaliers à 500 000 malades en moyenne/an.
Contrairement aux « produits sanguins labiles » (concentrés de globules rouges, plaquettes, plasma thérapeutique) délivrés par l’EFS, les MDS relèvent du champ du médicament et sont donc soumis à la mise en concurrence par appel d’offre des hôpitaux. Ainsi, le LFB qui a le monopole de la fabrication des MDS en France à partir du plasma sanguin des donneurs bénévoles collectés par l’EFS, est en concurrence avec des multinationales privées étrangères qui cassent les prix en France pour éliminer ce rival et imposer leurs tarifs dans un deuxième temps. Elles sont présentes actuellement dans le reste du monde avec des marges supérieures.

Le LFB qui a perdu près de 50% de l’approvisionnement de nos hôpitaux voit son activité déséquilibrée. La part de marché du LFB pour la cession des immunoglobulines, médicament particulièrement important pour son équilibre financier, vient de passer sous la barre historique des 50%. Le bilan 2011 a été, pour la première fois négatif avec 6,5 millions d’euros de perte. Il a dû mettre en place un plan de réorganisation en supprimant 35 emplois dans ses équipes de Recherche et Développement (R&D) secteur pourtant crucial pour préserver son avenir face à la concurrence. Avec ce recul de la présence du LFB dans les hôpitaux, c’est autant de dons bénévoles éthiques collectés par l’EFS qui ne bénéficient pas à nos malades.
La France est le seul pays développé à déclarer les "suspicions" de Maladie de Creutzfeldt-Jakob Sporadique (MCJS) alors qu’il y a un consensus international à ne pas le faire. Quand est déclarée une suspicion de MCJS chez un donneur de sang, tout le lot de médicaments pouvant contenir du plasma de ce donneur fait l’objet d’un "retrait" et est détruit. Chacune de ces destructions a un coût élevé, plus de 5 millions d’euros pour le "retrait" le 4 octobre 2012 par exemple.

Les fabricants de MDS des autres pays, de gigantesques multinationales (Baxter, CSL Berhing, Grifols, Octapharma) qui de fait font commerce de l’humain ne sont pas soumises aux dispositions de retrait, leurs autorités sanitaires ne déclarant pas les suspicions de MCJS.

Suite aux démarches des organisations de Donneurs de sang, Monsieur le Premier Ministre a chargé un député, Monsieur Oliver Véran d’une mission « filière sang ». Publiée le 26/07/13 le rapport de Monsieur Véran confirme la volonté de préserver le système éthique, il propose de créer une haute autorité de la transfusion et demande de supprimer la « déclaration de suspicion de la MJCs.
Aussi les associations de donneurs de sang bénévoles demandent à Madame la Ministre qu’elle use de son autorité pour :

- A) réunir tous les services et agences concernés (LFB, EFS, DGS, ANSM, INVS, HAS) afin d’aligner les dispositions Françaises sur les pratiques Européennes et supprimer la déclaration de suspicion de MCJS, conformément aux recommandations du rapport IGAS de novembre 2010 ou imposer la même contrainte aux concurrents.

- B) demander à l’ANSM de contrôler la conformité éthique de tous les MDS importés et d’exiger la traçabilité des poches de plasma utilisées par les concurrents du LFB dans la fabrication des lots de MDS.


Le 15 janvier, une délégation a été reçue longuement par Monsieur le Directeur du cabinet du Préfet. Ce dernier les a encouragés à continuer les actions, à reprendre contact avec Monsieur VERAN, et avec les conseillers de Madame La Ministre de la santé.


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