LA LIGNE VALENCE-GRENOBLE REPREND DU SERVICE

vendredi 20 décembre 2013
par  PCF Drôme

Lundi 16 décembre. Après un an de remplacement du service ferroviaire par un service de cars, la ligne Valence-Grenoble reprend enfin du service. Premier trajet lundi matin, tous les trains ont une demi-heure de retard à l’arrivée. Le soir, plusieurs trains annulés et ceux qui roulent ont du retard, jusqu’à une heure quinze. Mardi matin, le train de 6h46 est supprimé, les lève-tôt pourront attendre tranquillement sur le quai celui de 7h15 pour arriver en retard au boulot.

Certes le confort du train est bien meilleur que celui du car et l’on évite les embouteillages des portes de Grenoble. Mais cela ne suffit évidemment pas à apaiser les usagers. Il faut dire que la communication de la SNCF est plus que chaotique : "rails glissants", "problème de signalisation", "rames non prêtes", "allègement du facteur de charge de la ligne", toutes les explications technique du répertoire ferroviaire leur auront été infligées sur les différents canaux de communication, sans souci de vraisemblance ni de cohérence. En comité de ligne trois semaines plus tôt, tout s’annonçait pour le mieux sur la meilleure des lignes…

Le véritable problème "technique" semble en réalité se cristalliser sur le tunnel de Poliénas, où la ligne n’est pas dédoublée, obligeant les trains à attendre leur tour pour passer, perturbant en cascade tout le service d’une ligne qui n’avait pas été conçue pour une telle circulation alternée. A quoi il faut ajouter que si la raison du chantier était l’électrification de la ligne (dans les années 20 en Russie, le progrès c’était les soviets + l’électricité... réjouissons-nous, l’électricité arrive enfin !)), pour l’heure les rames tournent encore au diesel. Le véritable passage à l’électrique - pour certaines rames seulement ! - ne deviendra effectif que dans un mois environ.

Après un an de travaux, comment comprendre un tel capharnaüm dès le premier jour de réouverture ? Ne pouvait-on pas prévoir le problème du tunnel ? Tester la signalisation avant la remise en route ?

On imagine sans peine que le spectre de la sous-traitance plane sur le fiasco : chasse aux coûts, main d’oeuvre Bolkestein mal formée, mal encadrée, mal payée - peut-être même sans papiers - aucun contrôle des acteurs publics (RFF, SNCF, région, collectivités...) sur la progression réelle du chantier, donc dépendance totale de la communication de l’entreprise sous-traitance qui comme toujours dans ce genre de cas cachera jusqu’à la dernière seconde tout éventuel problème sous le tapis. In fine, tout le monde se renvoie la responsabilité et bataille par voie de communication. Pour la suite le scénario est écrit : le contribuable paiera une rallonge et les entreprises prestataires pourront compter leurs profits dans le paradis fiscal de leur choix tandis que les agents du service public ferroviaire essuieront impuissants les colères des usagers.

Il y aurait sans doute pour un(e) journaliste d’investigation une belle enquête à mener sur les conditions le déroulement de ce si tardif chantier d’électrification de voie tout au long de l’année 2013, et l’on y trouverait sûrement achat de matériel de basse qualité, accidents du travail évitables, profits choquants, court-termisme ubuesque...tous maux qui rongent notre société et dont ces travaux sur la ligne Grenoble-Valence n’est qu’un des nombreux exemple

En attendant pour les travailleurs de la Vallée de l’Isère qui embauchent à Grenoble, la galère quotidienne semble n’en être qu’à ses débuts.